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Hissène Habré sera enterré au Sénégal

« Le Président Habré reposera en terre sénégalaise », a annoncé l’épouse de l’ancien président tchadien, Fatimé Raymonde Habré, par la voix de son avocat, Me François Serres.

« Nous n’avons rien demandé au gouvernement tchadien, et, un jour viendra où le Président Habré sera entièrement réhabilité, et, tout ce qu’il a fait pour son pays, sera reconnu. Ce jour-là, il reposera en terre tchadienne, avec dignité, respect, considération et, avec tous les honneurs dus à son rang et à ce qu’il a été toute sa vie. Telle a été toujours sa volonté et celle de sa famille. Aujourd’hui, en respect à sa mémoire et les idéaux qu’il a défendus toute sa vie ; il reposera par conséquent en terre sénégalaise, une terre d’islam », a ajouté la veuve de Hissène Habré selon le communiqué publié mardi par Me Serres.

Suite à l’annonce du décès du président Habré, mardi 24 août, le porte-parole du gouvernement tchadien, Abderaman Koulamallah, a évoqué à travers des médias français la possibilité pour la famille du président Habré de rapatrier son corps en précisant qu’aucun hommage ne lui sera rendu.

Ayant appris le décès brusque de l’ancien président Hissène Habré, le président du Conseil militaire de transition du Tchad, Mahamat Idriss Deby, a adressé ses condoléances à sa famille et au peuple tchadien.

« A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons », a-t-il souligné dans un tweet mardi.

Par ailleurs, du côté des victimes lors de son règne, le combat pour l’indemnisation des familles se poursuit.

L’avocate des victimes du régime d’Hissène Habré, Me. Jacqueline Moudeïna, a réagi mardi au décès de l’ancien président de la République au Sénégal, pays où il vivait en exil depuis sa chute en 1990.

« Paix à son âme. Quand il s’agit d’un décès, c’est un sujet de tristesse, cela ne doit pas faire croire que la lutte est au bout. Nous ne sommes pas au bout de notre lutte, la lutte continue. Nous allons observer un petit temps pour la gestion du décès de Hissène Habré, mais nous reviendrons à la charge pour continuer notre lutte », a affirmé Me. Jacqueline Moudeïna à la presse à N’Djamena.

« La mort de Habré souligne l’urgence pour les victimes, qui ont lutté sans relâche pendant 25 ans pour le faire traduire en justice, de recevoir des réparations pour les torts qu’elles ont subis », a rappelé dans un rapport publié, mercredi, l’ONG Human Rights Watch.

Cette ONG qui milite pour le respect des droits de l’homme, a plaidé pour que l’UA et le gouvernement tchadien veillent à ce que les victimes soient enfin indemnisées.

La condamnation de Habré a été confirmée en appel, en avril 2017, avec des réparations d’un montant de 82 milliards de francs CFA (environ 150 millions de dollars) à 7 396 victimes.

Elle a, à cette fin, mandaté un fonds d’affectation spéciale de l’UA pour collecter des fonds à partir des actifs de Habré et en sollicitant des contributions.

Mais alors que l’UA a adopté le statut du Fonds fiduciaire en 2017, auquel elle a contribué à hauteur de cinq millions de dollars, celui-ci n’est toujours pas devenu opérationnel et aucun centime n’a été versé aux victimes jusqu’à présent.

Avec l’Agence Anadolu

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