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Vivre-ensemble : le CGD recueille la voix des acteurs de la 1ère à la 4ème République

Le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD), dans le cadre de son traditionnel dialogue démocratique, a tenu un panel ce 12 août 2021 sous le thème : «Le vivre-ensemble au Burkina Faso de la 1ère à la 4ème République». A l’occasion, des acteurs et témoins de la vie politique du pays lors de cet intervalle de temps, ont pris la parole pour traiter de la problématique du vivre-ensemble.

L’assistance face au présidium


La salle du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC), où se tenait le panel, a refusé du monde. Dans une atmosphère décontractée, les différents panelistes se sont succédé au pupitre pour donner leurs témoignages et apporter des antidotes aux péripéties qui minent actuellement le vivre-ensemble au Burkina. Entre anecdotes et analyses pointues, les conférenciers du jour ont réussi à captiver l’attention de l’auditoire. Les débats avaient pour modérateur, le Professeur Luc Marius Ibriga, juriste et Contrôleur Général de l’État.

De nombreuses personnalités politiques étaient dans l’assistance


Pour le compte de la première République, Frédéric Guirma, homme politique et ancien ambassadeur du Burkina aux États-Unis, est intervenu par visioconférence. Le diplomate a, entre autres, parlé de la fin de la période coloniale, et de la problématique du processus de l’indépendance qui a impacté le vivre-ensemble. «… L’indépendance a été prise d’une manière cavalière, et le vivre-ensemble n’existait pas. Au moment de l’accession à l’indépendance, certains hommes politiques se trouvaient en prison, parce qu’ils se battaient déjà pour le pouvoir octroyé par la Loi cadre…», a-t-il expliqué.

L’assistance scotchée à l’écran de la visioconférence


L’intervenant au compte de la deuxième République était le macro-économiste et consultant international en développement, Dr Pierre Claver Damiba, qui a également exposé à travers une visioconférence. Il a été ministre sous le régime du Général Sangoulé Lamizana. Il a fait un diagnostic sur la horde de terroristes qui s’abat sur les pays du Sahel. Pour le Docteur Damiba, le phénomène tire son origine de l’impérialisme. «Je pense que le terrorisme n’est pas étranger à l’impérialisme… C’est eux qui soutiennent les terroristes avec leurs réseaux, avec leurs services secrets… Dans tout l’univers, le constat est palpable qu’il y aura la fin de l’énergie classique. Par conséquent, il faut empêcher les nègres de se développer. Le Sahel est attaqué parceque nous regorgeons de toutes les énergies… ». Il a par ailleurs pointé du doigt la faiblesse des gouvernants et leur refus de discipliner les populations.

Pr Odile Nacoulma


D’autres éminentes personnalités se dont relayées pour partager leurs expériences. Parmi elles, Paul Ismaël Ouédraogo, journaliste, ministre sous la troisième République, quand le Général Sangoulé Lamizana était au pouvoir. Il y avait également Gaston Gnoumou, ministre en charge du commerce sous le régime du CMRPN (Comité Militaire de Redressement pour le Progrès National) du Colonel Saye Zerbo; et Pr Odile Nacoulma, ministre sous le Conseil pour le Salut du Peuple (CSP) du Président Jean-Baptiste Ouédraogo.

Ernest Nongma Ouédraogo, ministre de l’Administration territoriale et de la sécurité sous le régime de la Révolution de Thomas Sankara, a aussi témoigné. Idem pour le Professeur Serge Théophile Balima, ministre de l’information sous le Front Populaire de Blaise Compaoré.

David Moyenga, député du Conseil National de la Transition, et Docteur Pargui Émile Paré, Médecin et Directeur général de l’Ecole Nationale de la Santé Publique, ont communiqué respectivement sur la Transition et sur le régime du Président Roch Marc Christian Kaboré.

Gaston Gnoumou


Il ressort de ces différentes communications que, si le vivre-ensemble est mis à rude épreuve dans le contexte actuel, la grande difficulté réside du côté de la gouvernance. Le Docteur Pargui Émile Paré a prescrit la bonne gouvernance et le retour à nos valeurs fondamentales, telles que la parenté à plaisanterie, pour restaurer notre cohésion sociale. David Moyenga, lui, a appelé à une rupture politique, avec le changement générationnel, afin de rabattre les cartes de la bonne gouvernance.

Thomas Ouédraogo


Le Directeur exécutif du CGD, Dr Thomas Ouédraogo, a rappelé que cette activité s’inscrivait dans les missions de recherche de la paix du CGD, qui a décidé de réunir les acteurs qui ont gouverné le Burkina Faso au cours des différentes étapes de son évolution .

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