Kayawoto et Yhosida : l’incroyable histoire d’amour !

A l’état civil Abdoul KABORE, Kayawoto est un artiste rappeur burkinabè qui a débuté sa carrière en 2014. Aujourd’hui, il est  considéré comme l’un des meilleurs rappeurs de la nouvelle génération. Et derrière ce grand nom se cache une fille au grand cœur.

Kayawoto a été reçu dans les locaux de ACTUALITE.BF ce mardi 26 janvier 2021. Il s’est ouvert à nos lecteurs.

Au commencement

L’on note des échanges que la carrière  proprement dite de Kayawoto est partie d’une compilation de rap réunissant six artistes burkinabè, mais où le profil d’un rappeur qui manie le Mooré était demandé. C’est ainsi que son manager a établi le contact avec un producteur. Après avoir écouté le titre du son «  Ya bèba », le producteur n’a pas hésité à accompagner l’artiste. C’est  la genèse d’une palpitante carrière.

Courage et travail sont la réussite de Kayawoto, foi de l’artiste. Car, fait-il observer, le début a été très difficile. Il était souvent obligé de s’acheter du carburant juste pour aller prester. Parfois négligé et méprisé, Kayawoto a dû s’armer de courage et d’une volonté de fer.

Kayawoto répondant aux questions de S. ZOETGNANDE, au siège de ACTUALITE.BF

Un nouvel album bientôt

L’artiste annonce la sortie de son nouvel album prévu pour le 26 février. Une œuvre composée de plusieurs genres musicaux. Kayawoto se dit fier d’appartenir à la nouvelle génération de rappeurs. Une génération qu’il qualifie de soudée, dont les membres n’hésitent pas à s’apporter mutuellement soutiens et conseils. Cette génération communique à travers un groupe whatsapp pour s’encquérir les nouvelles les uns des autres. Mais quand il s’agit du travail, c’est la compétition. A la question de savoir qui est le «  number one » entre lui et Amzy, Kayawoto répond qu’il ne cherche pas à être le numéro 1. Il a juste « l’ambition de placer la barre haute ». Pour le détenteur du drapeau du rap, seuls les « Maoulandais » pourront décider de son rang.

« Maouland » est un concept que l’artiste utilise pour qualifier ses fans. « Maou » est son cri de guerre, comme certains rappeurs en ont. A l’image du « Easy » du rappeur franco-sénégalais Booba. « Land » veut dire habitant d’un pays. Par juxtaposition,  «  Maouland » signifie le pays des « Maou ».

Malgré la crise de la COVID-19  qui a ralenti beaucoup d’activités culturelles, l’artiste se dit satisfait de son parcours de l’année 2020. Il a eu à son compteur beaucoup de tournées l’an passé. « 2021 sera  meilleur  que 2020, parce que l’année précédente, un seul son a cartonné, mais cette année, il y aura plusieurs sons qui vont cartonné », confie-t-il à ACTUALITE.BF.

Il convient de noter que notre artiste est « un fils de boss » comme il le dit dans sa musique « Rakanra biiga». Mais, enfant en Côte d’Ivoire, il a vécu avec douleur la séparation de se parents. Alors, l’artiste a décidé de suivre sa mère au bercail, malgré la fortune de son père. « Je bosse dur pour que rien ne manque à ma mère », souffle le rappeur.

Adepte des kiosques et des nourritures au bord des voies, l’artiste affirme que ce mode de vie lui manque beaucoup. Il ne peut plus fréquenter ces lieux comme avant, à cause de l’engouement qu’il crée à son passage.

Kayawoto en concert à Ouagadougou

Le défi du Stade municipal

Kayawoto se donne le défi de remplir le Stade municipal lors d’un giga concert. Pourquoi avoir choisi ce grand stade pour son concert ? Ils sont pourtant peu, les artistes qui ont osé cette bonne folie. Confidence du rappeur : «  Il faut que la musique évolue. Je qualifie cela d’un défi afin de prouver aux yeux du monde que la musique burkinabè vit. En toute chose, il faut une première fois.  En cas d’échec, ce n’est pas Kayawoto qui aurait échoué, mais la musique burkinabè. Parce que les autres artistes auront peur d’essayer. Alors, il faut oser».

Un amour fusionnel

Derrière ce rêve grandeur nature transparaît une fille qui partage la vision de Kayawoto. Elle, c’est San Yhosida, la petite amie de l’artiste. Elle est de nationalité japonaise. Un amour qui dure depuis 2018, avant que Kayawoto ne connaisse la gloire. Agée de vingt-deux ans, Yhosida se sent maintenant  autant burkinabè que japonaise, par ce que son homme a su l’intégrer. Aujourd’hui, son plat préféré est le «  babenda ». Selon Kayawoto, elle prépare couramment le tô.  Elle est même connue à Pouytenga, le village natal de son copain. Malgré leurs différences, la langue n’a aucunement impacté leur relation. Au départ, nos deux amoureux communiquaient en Anglais. Au fil du temps, ils ont appris à se parler en français, en mooré, et parfois en langue japonaise.

San Yhosida fait partie de la famille de l’Ambassadeur du Japon au Burkina. Venue au Burkina Faso pour des études de danse contemporaine, elle a fait la rencontre de Kayawoto dans ce milieu. Les deux nourrissent l’ambition de célébrer leur union. Yhosida accompagne son homme comme elle peut. Elle a même joué le rôle de flutiste dans le clip « Rakanra biiga ». Après la sortie de son album, le Kayawoto compte se rendre au japon pour faire le « PPS » (demander la main) sa dulcinée et profiter faire un grand clip à Tokyo.

Kayawoto appelle ses fans qui veulent être comme lui, à travailler et  à prier, car le talent seul ne suffit pas. Pour lui, la haine et la jalousie sont à proscrire: « ce n’est pas parce que l’autre a fait ceci, que tu devras faire comme lui. Travaille à ta manière, trace ton chemin ! Moi, étant tout petit, j’avais trois rêves : être footballeur, soldat  ou artiste. Aujourd’hui, à force de travailler, je suis devenu artiste. Je rends grâce à Dieu ». 

 Bon vent à l’artiste !

Souleymane ZOETGANDE