Workplace

[Tribune] Amélie Gue demande du respect pour la veuve Sankara

Ceci est une tribune de la journaliste Amélie Gue.

Respectez la veuve Sankara !

Dites d’abord à l’ancien président Blaise Compaoré d’avoir le courage de ses actes. Qu’il s’assume ! Pour le chef d’Etat qu’il a été : venu au pouvoir suite à l’assassinat de son “ami”. Un ami qui a été diabolisé, que son pouvoir a voulu mettre aux oubliettes de l’histoire, et dont la famille a été contrainte à l’exil.

Qu’est ce que Mariam Sankara doit pardonner à Blaise Compaoré puisque ce dernier ne se reproche rien? Comment peut-on pardonner à quelqu’un qui ne reconnaît pas ses tords et ne reconnaît aucune responsabilité dans les faits qui ont amené à ce jugement ?

Il y a pardon quand il y a en face Verité et Contrition ou Repentance.

Vous parlez de réconciliation ?

Blaise Compaoré aurait pu faire le premier pas. Il eut fallu qu’il vienne assister à ce jugement dans lequel son nom a été cité au premier rang du banc des accusés. Il avait le droit de se défendre, de s’expliquer devant les victimes, il a préféré fuir, répondre par le silence et l’absence.

Les parents de Thomas Sankara sont morts sans connaître la tombe de leur fils. Le père a dit qu’il attendait que son “deuxième fils” Blaise Compaoré vienne lui dire ce qui s’est passé. Qu’a-t-il fait ?

Personne n’a chassé Blaise Compaoré du Burkina Faso. Tout comme personne ne l’empêche de revenir. Il est parti de lui-même. Et comme si cela ne suffisait pas, il met en avant une autre nationalité pour se soustraire de la justice de son pays et ne pas venir répondre de ce qui lui est reproché.

«On ne peut pas échapper à tous les tribunaux», disait le Pr Joseph Ki Zerbo.
On peut échapper à tous les tribunaux des hommes, mais on ne peut pas échapper au tribunal divin et à celui de sa propre conscience.

Un peu de pudeur pour toutes les victimes de ce tragique jeudi, ce « jeudi noir » .

Amélie Gue

Workplace