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Kayawoto : la légende doit continuer

Le vendredi 26 février dernier, l’artiste en vogue Kayawoto lançait officiellement son  album « Maouland », assorti du clip du morceau « Toongo » qui a été dévoilé ce dimanche 28 février. Un clip tourné à Dubaï et réalisé par la maison Propulsion Pictures Production, qui sort du commun des œuvres musicales. L’album et le clip, qui ont attiré l’attention des mélomanes d’ici et d’ailleurs, promettent de battre les records de vues sur Youtube. Plus de 100.000 vues du clip en une journée !

Mais, sur le chemin tortueux de la gloire, Kayawoto ne doit pas oublier d’où il vient. Il doit aussi développer des stratégies graduelles et gagnantes pour conquérir le Burkina, la sous-région et le monde !

On peut féliciter Kayawoto d’avoir mis très haut la barre. Dans une interview parue sur ACTUALITE.BF le  27 janvier dernier, le jeune rappeur confiait qu’il n’avait pas peur du défi de remplir le stade municipal. « A un certain moment, il faut qu’on arrête d’être pessimiste. Si les autres artistes internationaux le font, pourquoi pas nous Burkinabè ?», avait-il répondu.

Le clip de Kayawoto a créé un véritable séisme dans le paysage du showbiz. Parce que les images osent la réinvention, traversent les frontières, se moquent des différences raciales, et enjambent les continents. Et la magie de tout cela, c’est que la chanson est une pure poésie en langue mooré ? Pourquoi donc toute cette polémique relative au « manque d’attache du clip avec les réalités du terroir ? » « La folie consiste à faire la même chose encore et encore, et à attendre des résultats différents», nous avertissait Rita Mae BROWN.

Quand on rêve de la stature de Davido, de Alpha Blondy ou de Akon, on se donne les moyens de bouleverser l’ordre établi, de révolutionner l’art musical. Et c’est ce que Kayawoto est en train de faire. Il n’y est pas encore, mais il est sur le bon chemin.

Pour atteindre ses objectifs, Kayawoto doit tenir compte de deux facteurs  importants. Le premier, Smockey l’a dit à la dédicace de l’album, c’est d’avoir la tête sur les épaules. Savoir écouter et respecter son public et ses fans, avoir de la déférence pour les devanciers et les autorités, avoir la gratitude dans l’âme : c’est ce qui permettra à Kayawoto d’avancer, avec la certitude que quand il trébuchera, des mains le retiendront.

Le deuxième facteur dont Kayawoto doit tenir compte, c’est la gestion de sa carrière. En la matière, Floby est une école vivante. Il n’est pas donné à toutes les étoiles de  briller toute leur vie. Séduire un public pour la perpétuité relève d’un autre art que celui de la musique. Quand sortir un nouvel album ? Comment et à quel moment changer de genre musical ? Avec quel staff évoluer ? Toutes ces questions sont fondamentales.

Kayawoto, qui parle déjà anglais, doit en user à un moment donné. Un artiste qui rêve de l’international ne se fixe pas de frontières, surtout pas linguistiques.

 Le rap ne doit pas être un fétiche pour Kayawoto. Avec tact, il peut s’essayer dans d’autres genres. ¨Pourquoi pas allier rythmes traditionnels et genres modernes ?

Pour terminer, le Roi du Maouland doit éviter de disparaitre des radars comme d’autres artistes l’ont fait juste après deux ou trois albums. Quelques conseils pourront l’y aider : Ne pas sevrer les fans, occuper le temps des ondes et l’espace des spectacles, veiller sur sa santé en se ménageant et en évitant les abus.

Kayawoto est une légende musicale qui vient de naître. Il est le premier responsable de la suite de son destin. Mais la nation, les mélomanes et les hommes de culture ne sont pas exemptés de devoir. Ils doivent entretenir et faire grandir cette légende.

La Rédaction

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