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Humour : Soum le Sapeur, le soulard qui éveille

A l’Etat civil Natabzanga Soumaila Kaboré, étudiant à la recherche d’une licence en art vivant au CEFRAV, Soum le Sapeur est un humoriste burkinabè qui fait actuellement parler de lui sur les réseaux sociaux à travers différentes vidéos. Vidéos dans lesquelles il dénonce les faits de société, sensibilise la population sur un certain nombre de questions. Avec le style d’un…ivrogne.

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Reconnu par son style atypique de consommateur de boissons frelatées, l’artiste explique à ACTUALITE.BF comment a débuté sa carrière et les difficultés qu’il a rencontrées.

Avant d’entamer la carrière d’humoriste, Soumaila Kaboré s’est d’abord formé en théâtre. Après quoi, il a bifurqué au cinéma où il a fait la rencontre d’Issaka Sawadogo, acteur burkinabè à Hollywood. Après un travail acharné, Soum a obtenu deux masters class. De formation en formation au CITO, au CRAC entre autres, l’homme a fini par se construire l’image d’un humoriste pro.
Soum tire son inspiration d’un peu partout : avec ses collègues, autour d’un thé, parfois même seul. L’artiste est reconnu par son style de consommateur de boissons frelatées communément appelées le kirou-kirou. Pour lui, ces consommateurs de Kirou-Kirou disent parfois des vérités que les autres ne peuvent pas dire. Ils disent haut ce que les gens pensent bas. Raison pour laquelle il utilise ce style pour donner sa lecture sur les faits de sociétés, ce qu’il vit et ce qu’il ressent. Mais il ne perd pas de vue l’un de ses objectifs qui est l’éveil de conscience, la sensibilisation. En guise d’illustration, l’artiste a publié une vidéo dans laquelle il encourageait un fumeur à fumer davantage.

Une stratégie propre à lui pour pour amener la société à se questionner. Pour Soum, le peuple burkinabè aime l’éducation par le choc. Alors, il faut choquer pour que les gens comprennent. Dans la dite vidéo, le message qui se cachait, c’était de dire à la jeunesse burkinabè qu’elle est très jeune pour mourir. Une manière de dire que « la cigarette tue ». Pour vouloir sensibiliser par le choc, l’artiste est parfois méprisé et fait souvent l’objet de critiques et d’injures.
En 2020, avec son court métrage « vivre ensemble pour des élections apaisées », Soum est lauréat du prix FESPOCIT (Festival Poquette Film Citoyen), un prix décerné par l’Ambassade des Etats Unis.
L’artiste a pas mal de projets en vue. Actuellement, il est en plein boulot pour la préparation de son court métrage et son « one man show ».
Inspiré par le groupe Gombo.com du Burkina Faso, le camerounais Seydou Abatchan et le regretté Jean Miché Kankan, le jeune humoriste garde l’espoir de représenter dignement son pays à l’international.
A la question de savoir qui est le meilleur Humoriste du Burkina Faso, l’artiste n’a pas hésité à lâcher : « c’est évidemment Soum le Sapeur ». Rire et ambiance!
L’homme a profité de notre micro pour rappeler que l’humour est un métier comme les autres. Parfois plus difficile que beaucoup de métiers. Il n’est pas facile de faire rire plus de six cents à sept cents personnes sur scène. “Alors, que les gens arrêtent de penser que l’humour est un jeu. C’est aussi un métier qui nourrit son homme”, a-t-il affirmé.
Et Soum de détailler : «Nous rencontrons parfois des difficultés avec les fans. Parce qu’ils ne savent pas que l’humoriste travaille avec une équipe technique. Il y a d’autres qui veulent t’appeler à des festivals, à différentes cérémonies et se disent que, comme c’est de l’humour (un thème qui m’énerve, ils prennent l’humour comme quelque chose de banal, quelque chose qui n’a pas de valeur), ils veulent souvent te payer a des cachets que toi-même tu n’acceptes pas comme prix de carburant. Ils oublient que l’humour fait partie des lives. Ça demande de l’inspiration, tout comme la musique. Chez nous, ça se crée sur place souvent. ».
Pour Soum, son métier n’est pas valorisé par le public. Parfois, les humoristes sont confrontés à des personnes qui leur demandent de faire rire en pleine rue, comme si c’était un jeu. “Ce n’est pas partout qu’on fait de l’humour. C’est pas parce qu’on est humoriste qu’on doit faire rire partout. Sur scène c’est le métier, en circulation c’est la société. Il faut que les gens comprennent ça”, nous a-t-il confié.
L’artiste a terminé en invitant ses jeunes frères et soeurs qui veulent emboiter son pas, de passer impérativement par la formation. Parce que, cela fait huit ans qu’il se forme et continue à se former. « Ce que les gens voient aujourd’hui, ce n’est rien. Avec ce qui viendra, les gens seront dans l’obligation de m’appeler Soum le Sapeur International ».

Bon vent à l’artiste!

Souleymane ZOETGNANDE

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