Côte d’Ivoire : Le parti au pouvoir refuse le dialogue national proposé par l’opposition

Le parti au pouvoir en Côte d’Ivoire a opposé lundi une fin de non-recevoir à l’appel au dialogue national inclusif lancé par l’ancien Président Henri Konan Bédié, à l’issue de sa rencontre de Daoukro avec Laurent Gbagbo, estimant que le pays n’était pas en crise.

« Nous n’avons pas besoin de dialogue national. Les institutions fonctionnent. Nous ne sommes pas un pays en crise. Nous n’accepterons pas qu’on nous impose un nouvel ordre politique. On n’a pas de leçon à recevoir en termes de nouvel ordre politique au plan démocratique », a affirmé Adama Bictogo, directeur exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), lors d’une conférence de presse à Abidjan.

« Nous avons du respect pour les anciens chefs d’Etat qu’ils ont été ! Nous leur demandons de respecter les institutions et le Président de la République », a-t-il poursuivi.

Ce week-end, Gbagbo et Bédié, anciens rivaux, se sont rencontrés à Daoukro, dans le centre du pays.
A l’issue de cette rencontre, Bedié a invité le pouvoir en place à « engager sans tarder un grand projet de reconstruction » du pays qui « passe nécessairement par la mise en œuvre d’un projet de réconciliation vraie entre les Ivoiriens à travers un dialogue national inclusif dont le pays ne peut se faire l’économie»
Laurent Gbagbo a regagné la Côte d’Ivoire, le 17 juin, à la suite de son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI). Il était poursuivi pour crimes contre l’humanité.

«La CPI a pris une décision mais nous ne sommes pas amnésiques. Il y a un minimum de repentance à faire. M. Gbagbo ne peut pas nous donner de leçons de respect des textes, ni de démocratie. Il faut donc que la magnanimité affichée du Président Alassane Ouattara ne s’apparente pas à de la faiblesse. Le RHDP est pour la réconciliation, le renforcement de la cohésion sociale mais dans le respect des fonctions républicaines », a martélé Bictogo.

Agence Anadolu