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Algérie : Peine de mort pour 49 accusés dans l’affaire de l’assassinat du jeune Djamel Bensmail

Le tribunal criminel de Dar El Beida d’Alger, en Algérie, a prononcé, ce jeudi, son verdict dans l’affaire de l’assassinat du jeune Djamel Bensmail en août 2021 en Kabylie (100 km à l’est d’Alger). Après un procès qui aura duré près d’une semaine, le juge a prononcé la peine capitale contre 49 accusés sur les 102 prévenus concernés par cette affaire qui avait ébranlé le pays à l’époque.

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Les condamnés à la peine de mort sont ceux ayant, a jugé le magistrat, pris part directement au lynchage public du jeune Djamel Bensmail et à son assassinat, avant de l’immoler par le feu sur la place publique et de le décapiter. Le juge a prononcé également 12 ans de réclusion contre 10 mis en cause et 10 ans de prison ferme contre 17 autres, avec trois mandats de dépôt à l’audience contre des personnes ayant comparu libres. La même juridiction a également prononcé 6 condamnations de 5 ans, 4, 3 et 2 ans de prison contre d’autres. En revanche, le juge a prononcé l’acquittement en faveur de 17 accusés.

L’affaire remonte au mois d’août 2021, où la région de Tizi Ouzou, en Kabylie, a été ravagée par de gigantesques feux de forêts entraînant d’énormes pertes humaines et matérielles.
Connu dans le mouvement de protestation populaire Hirak de 2019, comme étant un activiste engagé, le jeune Djamel Bensmail, originaire de Khemis Meliana (120 km à l’ouest d’Alger) a effectué le déplacement en Kabylie pour apporter son aide à la population sinistrée. Après quelques heures passées sur place, il a été pris à partie par des habitants de la ville de Larbaa Nath Irathen, où il s’était rendu, en le prenant pour un pyromane qui a mis le feu à la région.

La jeune a subi la colère d’une foule immense, malgré ses tentatives de raisonner ses agresseurs, assurant qu’il n’a rien à voir avec ce qui s’est passé, comme on le voyait à l’époque sur un des enregistrements. Cerné alors qu’il était dans un fourgon de police, comme on pouvait le voir sur les vidéos de l’époque qui ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux, la victime a été violentée à l’intérieur du même véhicule, avant d’être contrainte à descendre.

Une fois à terre, il a été poignardé et traîné jusqu’à à la place publique de la ville où il a été immolé par le feu, sous les regards des présents, avant d’être décapité. Toutes ces horribles scènes ont été revues, durant le procès, au tribunal où les accusés et les avocats ont revu le déroulement du film de ce crime.

Un crime, de l’avis de nombreux observateurs, qui a failli plonger tout le pays dans une guerre fratricide, n’eût été la sagesse du père de la victime, Noureddine Bensmail en l’occurrence, qui a appelé, courageusement, au calme, soutenu dans son effort par des notables de la wilaya de Tizi Ouzou qui ont fait le déplacement jusqu’à Khemis Meliana pour présenter des condoléances et assister à l’enterrement du défunt.

Agence Anadolu

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