Workplace

Togo : licenciés, les enseignants grévistes s’en remettent à l’arbitrage de l’OIT

Le Syndicat des Enseignants du Togo (SET) a confirmé, lundi, à l’Agence Anadolu avoir engagé cinq avocats pour dénoncer devant l’Organisation Internationale du Travail (OIT) « l’arbitraire » dont plus de 180 enseignants sont victimes de la part du gouvernement togolais dans le bras de fer qui oppose les deux entités depuis la mi-mars dernier.

« Nous avons donné mandat à ces avocats de veiller à ce que justice soit rendue aux membres de notre syndicat qui ont été abusivement licenciés alors qu’ils ne font qu’exercer leur droit de grève. Nous voulons être rétablis dans nos droits », a indiqué à l’Agence Anadolu Kokou Mawouegna, secrétaire général du SET.

Il est lui-même l’un des enseignants que Gilbert Bawara, ministre du Travail, de la fonction publique et des reformes administratives avait décidé par arrêtés, de relever de leur fonction enseignante, en les mettant à disposition de l’administration publique, avant de décider purement et simplement de licencier 112 d’entre eux.

Dans les grèves successives auquel a appelé le SET depuis mi-mars, ils sont accusés ”d’incivisme notoire”, ”d’incitation à la violence, à la désobéissance et à la révolte” et des actes ayant ”entrainé des perturbations et troubles en milieux scolaires et dans certaines localités”.

“Faux !”, réplique le SET, qui va attaquer la décision du gouvernement devant l’OIT parce que, affirment ses responsables, « la justice togolaise ne nous inspire plus confiance ».

« Malgré que les faits qui nous sont reprochés ne soient pas avérés, nous sommes victime de l’arbitraire et d’excès du pouvoir que les organisations internationales doivent corriger », ajoute Kokou Mawouegna.

Et ce n’est pas tout, poursuit-il, le syndicat a reçu le mandat de mener d’autres actions dans les jours à venir auprès d’autres juridictions internationales, afin de voir qui d’entre le gouvernement togolais et les enseignants grévistes, a raison dans le bras de fer qui les opposent depuis mi-mars 2022.

Il évoque notamment une action de recours devant la cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest – CEDEAO avant la fin de la semaine courante.

Pour rappel, le Syndicat des enseignants du Togo a déposé sur la table du gouvernement une liste de cinq revendications, à savoir : « Le paiement d’une prime mensuelle de logement de 50 000 Fcfa (environ 100 dollars) pour tout enseignant sans distinction en conformité avec la réforme de l’enseignement de 1975 », « une prime annuelle d’éloignement d’au moins 300 francs CFA/km (0,6 dollar environ) », « l’intégration dans la fonction publique des enseignants volontaires exerçant ou ayant exercé dans un établissement public pendant 3 ans au moins et disposant de qualification professionnelle requise », « une allocation de mutation d’au moins 100 000 francs CFA (soit 200 dollars) pour l’interrégional » et « une allocation de mutation d’au moins 60 000 francs CFA (soit 120 dollars) pour l’intrarégional ».

Des revendications que le gouvernement rejette au motif que l’organisation syndicale, pourtant dument constituée, n’est pas légale et qu’il n’est pas question de discuter avec eux.

A noter que juste avant ces revendications, le gouvernement avait conclu un accord avec d’autres organisations syndicales dans lesquelles, les nouveaux grévistes ne se reconnaissent pas.

Agence Anadolu

Workplace