Tchad : la résidence de l’opposant Succès Masra perquisitionnée

La résidence de l’opposant tchadien, Succès Masra, président du parti Les Transformateurs, a été perquisitionné, dimanche, par la police « sous mandat du parquet d’Instance près le Tribunal de grande instance de N’Djamena », a annoncé la direction générale de la police nationale.

« L’objectif étant de retirer simplement le drapeau flottant, jugé contraire aux textes de la République », selon la police nationale.

La police tchadienne a précisé qu’il est « strictement interdit de faire flotter le drapeau national, symbole de l’État, dans un domicile privé. Le tricolore n’est flottable que devant les Institutions Publiques ».

Dans un tweet, dimanche matin, l’opposant tchadien a également indiqué qu’il y a eu aussi « une perquisition forcée du siège des transformateurs » où il se trouvait avec une partie de l’équipe se son parti.

Samedi, la coalition des partis politiques de l’opposition et de la société civile, Wakit tama, a organisé une manifestation pour protester contre la gestion du pays par les autorités de la transition au Tchad.

Cette nouvelle marche était interdite, les autorités évoquant des « risques de troubles à l’ordre public » et « un dépôt tardif de la demande d’autorisation » au regard de la dernière marche du 2 octobre.

Des forces mixtes de sécurité ont été déployées depuis le 7 octobre à tous les ronds-points de la capitale et la connexion à Internet et les SMS coupé samedi à l’aube.

Malgré l’interdiction du gouvernement, les manifestants sont descendus dans les rues samedi surtout dans la capitale tchadienne.

La manifestation a été dispersée par la police. L’un des portes paroles de Wakit Tama, le rappeur Ray’s Kim, a indiqué qu’au moins dix manifestants ont été blessés par des tirs de bombes lacrymogènes et plusieurs autres interpellés.

Samedi soir, le gouvernement tchadien a annoncé dans un communiqué que la manifestation « n’a finalement pas mobilisé de monde » tout en félicitant « la maturité des Tchadiens qui ne sont plus prêts à suivre les errements de quelques personnes ou organisations, démontrant par la même occasion leur attachement à la préservation de la paix sociale ».

Dans son communiqué, le gouvernement tchadien a appelé les initiateurs de ces manifestations à se joindre au processus du dialogue.

Car selon lui, « des tels agissements ne servent ni à la promotion de la transition apaisée prônée par les autorités de transition, ni d’ailleurs leurs propres auteurs ».

Depuis le 2 octobre, la coalition Wakit tama a appellé les Tchadiens à manifester pour exiger la révision de la charte de transition et la dissolution du Conseil national de transition, à savoir, le Parlement provisoire désigné par le chef de l’Etat.

Elle exige également la satisfaction de ses conditions pour prendre part au dialogue politique.

Agence Anadolu