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Société : après les salons de massage érotique, Onlyfans nous guette !

Cela fait plus d’une décennie que les réseaux sociaux bouleversent nos habitudes et nos rapports avec nos semblables. Ces plateformes sont utilisées aussi bien pour les initiatives nobles comme la collecte de dons pour malades, que les plus immorales comme la e-prostitution récemment emballée au Burkina sous l’étiquette de salons de massage. Et, à l’horizon, se profile un nouveau réseau dénommé Onlyfans. S’il arrivait au Burkina, préparons les cercueils…pour nos mœurs.

L’objet de cet article n’est pas de faire connaître ou blâmer un quelconque réseau social. Loin de là. C’est précisément d’alerter les décideurs et l’opinion, sur un danger que court notre jeunesse dans ce monde virtuel sans frontières.

Le phénomène de salons de massages a apparu au Burkina aussi soudainement qu’une épidémie. A travers des pages sponsorisées, ces « salons » aguichaient à chaque « cent mètres » les internautes qui défilaient sur Facebook. Les qualificatifs ne manquaient pas pour attirer et séduire une certaine clientèle aisée : « Massages Lomi-Lomi, massages avec ou sans connexion, massages body-body, massages à quatre main », …

La réalité, c’est la Division des Investigations Judiciaires de la Police Judiciaire qui l’a découverte en décembre 2020. Il s’agissait d’une prostitution déguisée, avec tout le trafic humain, les blanchiments de capitaux et les atteintes aux mœurs qui vont avec.

Aujourd’hui, les salons de massage érotique ont disparu, du moins, sur la toile. Mais sous des cieux voisins, Onlyfans fait fureur. Ce réseau social se présente comme un service online d’hébergement de contenus multimédias (photos, vidéos) payants par les fans (abonnés). Lancé en 2016, avec l’objectif de permettre aux artistes de vendre leurs créations à leurs fans, Onlyfan revendique aujourd’hui 20 millions de membres, et a basculé sur le terrain du sexe. Et ce n’est pas tout. L’an dernier, un reportage de BBC Three a révélé qu’un tiers de celles qui vendent leurs images dénudées sur Onlyfans sont des mineures.

OnlyFans est  réputé permettre de gagner de l’argent assez rapidement, car, sur cette plateforme, on peut poster des photos et vidéos dénudées, et même des ébats sexuels. Les abonnés devront payer des sommes allant de 10 à 200 euros par mois, pour suivre un profil.

Dans une parution du magazine américain Business Insider, une dame a témoigné qu’elle gagne plus de 100.000 dollars (équivalent d’environ 55 millions de francs CFA) par an grâce à son compte OnlyFans.

Si Onlyfans était à ses débuts particulièrement convoité par les travailleurs du sexe en ligne, il s’est largement démocratisé en 2021 avec ses conséquences perverses pour la société occidentale. Des étudiantes désertent les salles de classe pour se consacrer à OnlyFans afin de gagner des revenus avec les abonnés, grâce à des images dénudées d’elles. Ce qui est perçu comme une forme de prostitution et qui dénature la fonction classique des réseaux sociaux.

Pour le moment, OnlyFans n’est pas beaucoup connu des utilisateurs des réseaux sociaux en Afrique. C’est l’occasion pour les Etats africains d’inciter leurs web-développeurs à créer des applications qui vont inculquer des valeurs propres à l’Afrique, afin de prémunir la jeunesse des dépravations des mœurs et de la perte de leur identité.

A propos, le réseau social Nekmam, créée par de jeunes informaticiens burkinabè en 2017, tarde à prendre son envol. Faute de soutien conséquent de l’Etat, faute d’intérêt des internautes burkinabè qui n’ont pas compris tous les contours du « consommons burkinabè ».

Comment se prémunir contre les effets néfastes de ce réseau ? Harouna Simbo DRABO, blogueur et spécialiste des réseaux sociaux, a son idée : « une régulation des réseaux sociaux s’impose. Au Burkina, comme un peu partout en Afrique, il y’a un vide juridique. Chacun fait ce qu’il veut sans restriction. Pourtant, on a les possibilités d’accepter ce qu’on veut, ce qu’on trouve utile pour nos populations, et refuser ce qu’on veut pas, Autant la révolution des TIC est à saluer, autant elle a des compartiments à déplorer. Il faut de la réglementation. En Chine par exemple, les citoyens n’ont pas accès à tout sur le net. Tout ce qui peut altérer l’identité culturelle et la morale est cadenassé. Une société évolue et prospère grâce à des règles et non dans l’anarchie. »

Onlyfans arrivera-t-il à conquérir le marché africain ? Tout dépend des peuples africains et de leurs dirigeants. Mais, il faut décider à temps.

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