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Sénégal : vague d’indignations suite à la mort de 11 nouveau-nés dans un incendie

Alors que le ministère sénégalais de la Santé et de l’action sociale (Msas) a activé une cellule de crise et que celui de l’Intérieur a annoncé l’ouverture d’une enquête, suite à la mort de bébés dans un incendie au service de néonatologie de l’hôpital de Tivaouane (118 km de Dakar), l’indignation ne faiblit pas.

En effet, politiciens et acteurs de la société civile ont exigé, jeudi, des mesures appropriées pour mettre fin à la série de drames mortels en cours dans les structures sanitaires du pays.

Mercredi soir, un incendie au service néonatologie de l’hôpital Abdoul Aziz Sy (réceptionné il y a un an) a causé la mort de 11 nouveau-nés. Un court-circuit serait la cause du drame d’après les premières informations fournies.

Au mois d’avril dernier, une patiente du nom de Astou Sokhna avait perdu la vie par ‘’ négligence et non-assistance alors qu’au début du mois courant un bébé déclaré mort avait été retrouvé vivant dans la morgue de l’hôpital de Kaolack, avant de succomber finalement quelques heures après.

En avril 2021, quatre bébés avaient aussi péri dans l’incendie de l’unité de néonatologie de l’hôpital Maguette Lô de Linguère.

— Vague de réactions

« J’espère que cette fois-ci les sanctions frapperont le sommet d’un système globalement défaillant », a réagi l’ancien Premier ministre de Macky Sall, Abdoul Mbaye, désormais dans l’opposition.

« Jamais dans l’histoire du pays, autant d’hôpitaux de nouvelle génération n’ont été mis en service, mais également jamais autant de sinistres n’ont été enregistrés (…) Ce paradoxe appelle de notre part, une profonde réflexion », a relevé pour sa part Aly Fall, un journaliste spécialisé sur des questions de la santé.

Alioune Tine président de Tink tank Africajom Center a appelé l’Etat à agir pour comprendre les causes profondes de ces tragédies.

« Il faut diagnostiquer sérieusement les pathologies de nos structures de santé dont les graves dysfonctionnements produisent ces tragédies périodiques », a insisté le membre de la société civile.

« Le ministre de la Santé n’a-t-il pas franchi le seuil critique de l’incompétence », s’est-il ainsi interrogé.

Le président de SOS Consommateur s’attend, pour sa part, à la démission du ministre de la Santé et de l’action sociale.

« Il y a eu plusieurs survenances de faits similaires. C’est le drame de trop. Il faut prendre des mesures conservatoires avant même de situer les responsabilités. La plus haute autorité, le ministre de la Santé, doit rendre sa démission », a affirmé Massokhna Kane sur les ondes d’une radio privée.

Dans ce concert de d’indignations et de désolation, la coalition présidentielle, Benno Bokk Yakaar (BBY- Unis pour l’espoir) n’est pas en reste. Dans un communiqué, elle a exhorté le gouvernement à procéder aux enquêtes nécessaires aux fins de déterminer la cause du drame.

La coalition de l’opposition Aar Sénégal (Sécuriser le Sénégal) a exprimé son inquiétude face aux cas d’incendies dans les services de santé. La coalition avec comme tête de file Thierno Alassane Sall, ancien ministre des Energies de Macky Sall, exige du gouvernement « les mesures idoines pour que de tels drames ne se produisent plus ».

Même tonalité chez Yewwi Askanwi (Yaw) la plus grande coalition de l’opposition. « Nous espérons que toutes les mesures nécessaires seront enfin prises pour que ce genre de drame ne se produise plus dans notre pays », a noté dans un communiqué la coalition dirigée par le député Ousmane Sonko et l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall.

Un deuil national de trois jours a été décrété par le président Macky Sall qui devrait selon un communiqué lu à la télévision nationale écourter son séjour en Guinée Equatoriale dans le cadre de l’assemblée extraordinaire de l’UA pour retourner au pays.

Agence Anadolu

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