Rentrée judiciaire 2021-2022 : les juges veulent sortir une « artillerie » contre le terrorisme

C’est sous le thème « La contribution du pouvoir judiciaire à la lutte contre le terrorisme », que les juridictions du Burkina Faso ont effectué leur rentrée 2021-2022, ce vendredi 1er octobre 2021 dans la Salle des Banquets de Ouaga 2000. La cérémonie était placée sous le patronage du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. L’audience solennelle, elle, était présidée par le Premier Président par intérim du Conseil d’Etat, Marc Zongo.

Président du Faso à l’audience solennelle

Comme le thème l’indique, la question du terrorisme était le sujet phare abordé lors de cette rentrée. La Commissaire du Gouvernement, Jeanne Soulama/Somda, lisant un rapport, a rappelé que, longtemps épargné, le Burkina Faso est depuis 2015 dans l’œil du cyclone terroriste. Et d’ajouter que les attaques terroristes enregistrées au Burkina Faso impactent le pays au triple plan politique, économique et socio-psychologique.

La Commissaire du Gouvernement a expliqué, dans la lecture du rapport, que la lutte contre le terrorisme nécessite une synergie d’actions des trois pouvoirs républicains que sont l’exécutif, le législatif et la judiciaire. Elle a précisé que si les actions des deux autres pouvoirs sont plus visibles, à savoir, pour l’exécutif, l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte et sa mise en œuvre; et pour le législatif, l’adoption d’une législation propice à la lutte, celles du pouvoir judiciaire sont plutôt discrètes, quelques fois secrètes. Ce qui explique l’importance du choix du thème.

Madame Somda a, par la suite, souligné que le pouvoir judiciaire, qui tient en toute indépendance, une place essentielle dans le maintien de l’État de droit, est conscient de la nécessité de lutter contre le terrorisme avec efficacité, tout en garantissant le respect des droits humains et des libertés individuelles et collectives. « La justice est tenue de juger les auteurs présumés des actes terroristes en toute objectivité et impartialité, en leur reconnaissant la présomption d’innocence et en leur assurant un procès équitable », a indiqué la Commissaire du Gouvernement.

Photo de famille à l’issue de la cérémonie

Des recommandations ont été formulées dans le rapport, dans l’optique d’améliorer la contribution du pouvoir judiciaire à la lutte contre le terrorisme. Il s’agit, entre autres, de la spécialisation des magistrats, de la création au sein du ministère en charge de la justice d’un service exclusivement consacré à la coopération judiciaire internationale, de l’acquisition d’une table d’écoute judiciaire, du recrutement des magistrats, de la création du métier d’interprète judiciaire, etc.

Réagissant aux questions des journalistes à l’issue de la cérémonie, le Président du Faso, tout en relevant que le Burkina Faso s’est doté de plusieurs textes pertinents, a relevé le manque de moyens humains et financiers auquel les juridictions font face. « Je peux vous dire que j’ai noté toutes ces préoccupations et nous ferons en sorte que l’État puisse effectivement satisfaire à ces conditions », a rassuré Roch Marc Christian Kaboré.

Le Chef de l’État a par ailleurs exhorté les trois pouvoirs à conjugueur leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme.

Dans la même veine, « la lutte doit être menée par tous les corps de l’État et tous les organes et institutions de la République, au nombre desquels le pouvoir judiciaire », a déclaré, pour sa part, le Président de l’audience solennelle, Marc Zongo.