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Réconciliation nationale : «il ne faut pas s’encombrer avec les dossiers déjà réglés», estime le CISAG

Le Conseil d’Information et de Suivi des Actions du Gouvernement (CISAG) à échangé avec la presse ce jeudi 11 février 2021. Cette conférence de presse était une occasion pour le CISAG de donner sa lecture sur la question de la réconciliation nationale.

Pour le CISAG, la réconciliation d’aujourd’hui est une question à la fois simple et complexe. Il serait donc nécessaire de se poser les vraies questions.
Le CISAG a donc identifié plusieurs dossiers qui sont entre autres : les crimes de sang et les crimes politiques, les conflits communautaires, les crimes économiques et environnementaux, les conflits migrants-autochtones, les conflits fonciers, les conflits liés à l’orpaillage ou à l’exploitation minière et les conflits sociaux liés aux mouvements syndicaux.
Sur ce, l’OSC s’interroge sur le choix des acteurs, d’autant plus que cette réconciliation concerne aussi des acteurs étrangers, à l’exemple des crimes économiques et environnementaux.


Issaka OUEDRAOGO, président du CISAG, avertit sur le fait que le ministère de la réconciliation nationale n’est pas un poste consultatif. Le ministre n’a donc pas besoin de contenter tout le monde : «il ne faut pas aller chercher les dossiers à la poubelle pour s’encombrer avec des dossiers déjà réglés», a-t-il affirmé.

Pour les crimes politiques et leur lot de dossiers emblématiques comme celui de Thomas SANKARA, Norbert ZONGO, Boukary DABO, le coup d’Etat de septembre 2015 et l’Insurrection populaire d’octobre 2014, le CISAG recommande le cas par cas, au vu de la particularité qui caractérise chaque dossier.

Issaka OUEDRAOGO, président du CISAG


Sur le dossier Thomas SANKARA, Issaka OUEDRAOGO déclare : «ayons l’humilité, le courage et la sagesse de reconnaître qu’en dépit des nombreux héritages légués par la révolution et en dépit de l’impact de la mémoire de Thomas SANKARA sur les différentes générations du Burkina, d’Afrique et du monde, force est de reconnaître que la révolution a divisé les Burkinabè et les stigmates, malgré le temps, ne se sont pas encore absorbés». Il a précisé que le dossier Thomas SANKARA est embarqué dans une procédure judiciaire qui suit son cours.
Sur la question de la vidéo de Blaise COMPAORÉ, Issaka OUEDRAOGO se prononce : « on ne peut pas se réjouir de sa situation. Blaise COMPAORÉ est un humain. Dans l’exercice du pouvoir, il a peut-être fait du mal ou du bien. Nous souhaitons vivement qu’il revienne au Burkina pour la réconciliation… »


En définitive, le CISAG propose deux solutions pour la réconciliation nationale, à savoir la justice classique et la justice traditionnelle, selon les cas, pour ne pas s’embourber. Ainsi, il faut associer les différentes composantes que sont les chefs coutumiers, les religieux, les politiques et la société civile, pour travailler autour du ministre de la réconciliation nationale.


Le CISAG a aussi rappelé l’épisode de la journée nationale de pardon organisée en 2001 qui pour eux a été une mascarade «la demande de pardon n’est pas politique. Il n’est pas question de tricher, car il y a des expériences plus bouleversantes sur le plan spirituel et intellectuel » a souligné Issaka OUEDRAOGO avant d’ajouter qu’il y a nécessité impérieuse de tirer des leçons du passé afin de réussir le processus de réconciliation en cours.

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