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RDC : « Pressions et menaces » contre les chefs religieux chargés de designer le nouveau Président de la CENI

Les chefs des huit confessions religieuses qui doivent désigner le nouveau Président de la Commission électorale de la République démocratique du Congo (RDC) ont déclaré être visés par « des menaces, des intimidations et des pressions » avant de démarrer le processus.

« Permettez-nous de dénoncer des pressions, des intimidations et des menaces de toutes sortes dont sont victimes certains membres de la plateforme pour nous empêcher de faire librement notre travail », a déclaré l’abbé Donatien N’shole, porte-parole de la plateforme des confessions religieuses, lors d’une conférence de presse.

« Nous mettons en garde toutes ces personnalités déjà identifiées si jamais un malheur arrivait à l’un de nous dans ce contexte », a-t-il ajouté.

« Cette façon d’agir est un manque de respect aux chefs des confessions religieuses et un abus du pouvoir », a encore ajouté le prêtre catholique, réaffirmant la détermination des chefs religieux à faire aboutir « le présent processus électoral qui doit obligatoirement inaugurer une nouvelle ère des élections mieux organisées pour l’alternance démocratique en 2023 ».

Le fait de dénoncer les pressions et les menaces, “signifie qu’on ne veut pas se laisser faire”, selon l’abbé.

Les chefs religieux recherchent un oiseau rare : une personne « ayant un leadership éthique et consensuel avéré, une maitrise de la gouvernance électorale, des compétences managériales, une loyauté sans faille au respect de la Constitution et des lois de la République », mais surtout, « un courage exceptionnel de proclamer les véritables résultats issus des urnes », a souligné N’shole, lisant la déclaration conjointe, en présence des 8 signataires.

Il y a 1 an, de violentes manifestations avaient éclaté dans la capitale Kinshasa pour dénoncer l’entérinement par l’Assemblée nationale d’un nouveau président de la CENI, Ronsard Malonda, accusé d’être proche de l’ancien président Joseph Kabila.

« Soyez rassurés qu’on ne laissera pas faire la médiocrité. On n’a pas droit à l’erreur », a déclaré l’abbé Donatien N’shole, appelant « le Peuple congolais à se mobiliser et à accompagner le processus électoral en vue de préserver sa souveraineté nationale ».

La CENI est stratégique. Son contrôle est un enjeu primordial pour conserver le pouvoir en RDC. Depuis les premières élections démocratiques dans le pays, elle est accusée par l’opposition et la société civile d’organiser des élections chaotiques et de ne pas publier les vrais résultats.

La CENI comptera 15 membres dont six membres de la majorité, 4 membres de l’opposition et seulement 5 pour la société civile dont deux pour les confessions religieuses.

Agence Anadolu

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