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Putsch au Soudan : trois ambassadeurs du pays s’en démarquent

Les ambassadeurs du Soudan en France, en Belgique et en Suisse ont condamné, ce mardi, les actions de l’armée soudanaise contre le gouvernement de transition, selon le ministère de l’Information et de la Culture (au sein du gouvernement dissous).

Un communiqué, publié par le ministère sur sa page Facebook, portait les signatures de l’ambassadeur soudanais en France, Omar Bashir Manis, l’ambassadeur en Belgique et pour l’Union européenne, Abdelrahim Ahmed Khalil ainsi que l’ambassadeur en Suisse et au Bureau des Nations unies, Ali Ibn Abi Talib Abdulrahman.

Les ambassadeurs ont déclaré, selon le communiqué : “nous condamnons dans les termes les plus forts le coup d’État militaire brutal contre votre glorieuse révolution, et nous saluons les positions internationales fortes et appelons les pays et les peuples épris de paix à rejeter le putsch“.

Et d’ajouter : “nous déclarons notre alignement total avec la résistance héroïque de notre peuple, que le monde entier regarde, et nous annonçons que les ambassades du Soudan en France, en Belgique et en Suisse sont des ambassades pour le peuple soudanais et sa révolution”.

Le commandant de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan, a déclaré, dans la journée du lundi, l’état d’urgence dans le pays, après la dissolution du Conseil de souveraineté (qu’il dirigeait) et du Conseil des ministres de la transition, limogeant aussi les gouverneurs et suspendant certaines dispositions du document constitutionnel, portant sur la gestion de la phase de transition.

Al-Burhan a justifié ses décisions en déclarant, dans une allocution télévisée, que “l’incitation au chaos par les forces politiques nous a poussés à agir pour préserver le Soudan”, considérant que “ce que le pays traverse est devenu un réel danger”.

Quelques heures avant ces décisions, les autorités ont procédé à une série d’arrestations, parmi lesquelles on compte celle du chef du gouvernement de transition, Abdullah Hamdok, avec des ministres, des responsables et des chefs de parti.

Dans des communiqués distincts, émis par plusieurs forces politiques, ont appelé les citoyens à manifester et à mettre en œuvre une désobéissance civile globale.

Plusieurs pays et organisations régionales et internationales ont condamné les décisions d’al-Burhan et ont appelé au calme, à la désescalade et à l’engagement envers la feuille de route de la phase de transition.

Avant l’évolution de la situation du lundi, le Soudan vivait, depuis le 21 août 2019, une période de transition de 53 mois, qui devait se terminer par la tenue d’élections au début de l’année 2024. Durant cette phase transitionnelle, le pouvoir était partagé entre l’armée, les forces civiles et les mouvements armés qui ont signé un accord de paix avec le gouvernement, en 2020.

Cette période de transition a commencé à la suite à la destitution d’Omar el-Bechir par l’armée, le 11 avril 2019, sous la pression des protestations populaires contre son régime, qui s’est installé au pouvoir après un coup d’État militaire, en 1989.

* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

Avec l’Agence Anadolu

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