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Politique : le CGD inspecte les 100 jours de gouvernance de la transition

« Évaluation des 100 jours du président Damiba » : c’est sous ce thème que le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD), en partenariat avec l’ONG Diakonia, le NDI (National Democratic Institute) et l’organisation PAX (Peace are you in ?), a organisé à Ouagadougou ce 24 mai 2022, un dialogue démocratique. Cette activité comprenait un panel animé par des spécialistes et des débats autour des acquis et des insuffisances de la gouvernance de la transition durant ses 100 premiers jours.

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Pour analyser le thème, trois panelistes se sont dévolus à la tâche, avec le Professeur Serge Théophile Balima à la modération. Il s’agit du professeur Augustin Loada, enseignant-chercheur, qui s’est prêté à l’analyse politique et administrative de ces 100 jours. Elie Kaboré, journaliste à L’Economiste du Faso, a livré sa communication autour du sous-thème : « La gouvernance économique du régime de transition 100 jours après ». Pour ce qui est de l’analyse de la gouvernance sécuritaire des 100 jours de la transition, elle a été menée par le Capitaine de police à la retraite, Almissi Ouédraogo.

Pr Serge Théophile Balima

Gouvernance économique

Dans son exposé, Élie Kaboré a d’abord rappelé les valeurs prônées par le président Damiba à sa prise du pouvoir, notamment le courage, le désintéressement, l’intégrité… Cependant, il a fait le constat « d’un grand décalage entre les faits et ces valeurs ». Sur le plan des statistiques, il a noté une régression par rapport à l’année 2021 à la même période.

Elie Kaboré a illustré ses propos par le choix de certains responsables d’institutions qu’il a déploré, non seulement parce que ces individus n’avaient pas la qualité requise, mais également parce que le processus de leur recrutement n’a pas été correct. Pour lui, les directeurs généraux devraient être choisis à travers un appel à candidature, comme annoncé par le Premier Ministre dans sa feuille de route. La question de la rémunération des membres du gouvernement a également été un bémol souligné par le journaliste.

Elie Kaboré

Le journaliste de L’Economiste du Faso a estimé que « la transition doit être une opportunité pour booster le traitement des dossiers de crimes économiques en instance », tout en regrettant l’absence d’un signal fort sur le terrain de la gouvernance économique.

Gouvernance administrative et politique

Le professeur Augustin Loada, qui a analysé les 100 jours sur le volet administratif et politique, a d’abord indiqué qu’il s’agissait d’un exercice impossible à réaliser objectivement, avec une junte militaire . « Il est impossible de passer à la loupe les 100 premiers jours. Ça, c’est un exercice journalistique. J’ai cherché à comprendre d’où vient cette obsession des 100 jours. Il semble que cela date du président Roosevelt », a t-il soutenu.

Pr Augustin Loada

Dans sa communication, l’enseignant-chercheur s’est appesanti sur les restrictions des droits civils et politiques durant ces 100 jours de gouvernance. Il s’est également interrogé sur la responsabilité des acteurs de la gouvernance actuelle du pays. « Est-ce qu’on peut imputer à la junte ou à son action, l’état actuel de la gouvernance politique et administrative qui prévaut dans notre pays ? Non ! Parce que les problèmes de gouvernance actuelle peuvent être en partie dus au résultat de turpitudes du régime déchu… Les problèmes de gouvernance actuels sont aussi imputables au pouvoir actuel, parce qu’il a les moyens de les résoudre », a-t-il analysé.

Gouvernance sécuritaire

« La massification des effectifs des FDS, avec une volonté ferme de les engager ensemble sur le théâtre des opérations, en travaillant à une cohésion véritable entre elles, et l’augmentation de la puissance de feu des FDS » : c’est ce qu’a préconisé le capitaine de police à la retraite Almissi Ouédraogo, dans sa communication sur la gouvernance sécuritaire des 100 jours de la transition. Tout en notant les victoires engrangées par nos forces armées, l’officier à la retraite a constaté que l’enthousiasme qui prévalait à la prise du pouvoir des militaires s’est transformé en questionnements.

Almissi Ouédraogo

Pour Almissi Ouédraogo, l’insécurité s’est aggravée. Il a alors exhorté les gouvernants à la tâche, car « la transition n’aura pas droit à l’erreur ».

Comme à l’accoutumée, ce dialogue démocratique a connu un grand engouement. Hommes politiques, étudiants et autres acteurs ont suivi attentivement les exposés, puis ont apporté leurs contributions aux débats.

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