Passamdé SAWADOGO dit Océan: « Au Mali, il y a eu plusieurs coups d’Etat, mais cela n’a pas arrêté le terrorisme »

Un rassemblement d’organisations de la société civile a porté sur les fonts baptismaux, la Coalition des Leaders Associatifs du Burkina Faso (COLAB). Cette organisation, qui a pour mot d’ordre « Résistance et Résilience » face au terrorisme, a été présentée à la presse ce 24 juin 2021. Une occasion pour les conférenciers de battre en brèche l’idée qui voudrait qu’un coup d’Etat soit la solution aux problèmes sécuritaires au Burkina.


Avec des figures bien connues du monde des OSC telles que Boukari CONOMBO, Idrissa NOGO, Passamdé SAWADOGO dit Océan, Abdoul Aziz BOUGOUMA et autres, la COLAB est née du constat de la dégradation de la situation nationale causée par « le terrorisme international». Dans sa démarche, la coalition se donne mission de sillonner les villes et les campagnes du Burkina pour lancer un appel à la mobilisation contre l’extrémisme violent et la radicalisation, et ainsi s’ériger en rempart face au terrorisme.


Les conférenciers sont revenus sur l’histoire guerrière de notre pays, et ont conclu donc que nous devons nous liguer pour arriver à bout du terrorisme.


Dans sa mission, la COLAB compte mettre l’accent sur la lutte contre la manipulation de l’opinion et la désinformation. Sur cette question, Passamdé SAWADOGO dit Océan donne la voix : « Sur les réseaux sociaux, nous voyons des appels à la démission, des comparaisons et des appels à faire comme le Mali. Nous n’en sommes pas là, mais mieux vaut prévenir que guérir. Quand il ya des attaques, il y a de la douleur et cela pousse à dire des choses peu recommandables. Il faut rester uni. Se diviser, c’est faire l’affaire des ennemis. Sur l’exemple du Mali, depuis les attaques venues de la Libye, il ya eu plusieurs coups d’Etat, mais cela n’a pas arrêté le terrorisme… Nous lançons un appel aux autorités de tout mettre en œuvre pour que les hommes sur le terrain aient tous les moyens nécessaires pour mener leur mission». Dans la même lancée, Boukaré CONOMBO appelle à l’union sacrée au lieu de se réfugier derrière l’opinion qui clame l’incompétence de l’exécutif. «…Ailleurs quand il y a des attaques, les gens laissent la politique et se mettent ensemble contre le terrorisme. Mais en Afrique, c’est sur l’exécutif qu’on tire. On ne peut pas confier notre sécurité à un groupe de personnes. Il faut que chaque acteur s’implique dans cette lutte», a-t-il déclaré.

Idrissa NOGO

Dans un exposé passionné comme il en a l’habitude, Idrissa NOGO a fustigé une frange de la population qui se réjouit de la situation du pays. «Depuis les attaques de 2016, les autorités sont devenues orphélines. On a l’impression qu’il y a une certaine opinion qui se réjouit lorsqu’il y a des attaques contre le Burkina, comme si il y avait deux pays. Il faut que nous arrivions à nettoyer nos cœurs pour arriver à l’unité», a-t-il déclaré en substance.


Sur la question de savoir si la coalition va descendre sur le terrain, Océan répond: «Nous avons un calendrier pour mener les activités sur le terrain, mais pour des raisons objectives de sécurité nous n’allons pas le révéler ici».