Mali : les épreuves du bac démarrent sans les enseignants du public

La Synergie des syndicats des enseignants signataires du 15 octobre 2016, a de nouveau boycotté, lundi, les examens du Baccalauréat au Mali, après ceux du Certificat d’Aptitudes Professionnels, (CAP) du Diplôme d’Etudes Fondamentales (DEF) et du Brevet de Technicien (BT1 et BT2).

Des volontaires ont été recrutés par le ministère de l’Education nationale pour la surveillance des examens sur l’ensemble du territoire national, a annoncé Mohamed Maiga, directeur national du centre des examens et concours.

“ Ils sont 184 427 candidats répartis sur 370 centres à prendre part au concours sur l’ensemble du territoire national”, a expliqué Sidibé Dédéo Ousmane, ministre de l’éducation nationale.

“L’examen auquel vous êtes soumis pendant ces quelques jours, le baccalauréat, doit vous servir de [laissez-passer] pour vos études universitaires, pour la suite de votre carrière et administrative plus tard”, a déclaré le premier ministre Choguel Kokalla Maiga en s’adressant aux candidats lors du lancement des épreuves.

Pour la circonstance, Choguel Maiga était accompagné par cinq autres ministres.

“Nous sommes venus vous encourager et vous dire que le pays entier vous regarde et porte l’espoir sur vous”, a indiqué le chef du gouvernement.

Les enseignants protestent contre ce qu’ils appellent « la violation flagrante des droits fondamentaux des citoyens, la volonté manifeste du pouvoir en place de ne pas appliquer la loi de la République, le non-respect du statut des enseignants, les intimidations et menaces du gouvernement à l’égard des enseignants, mais aussi la violation de l’espace scolaire par les forces de l’ordre dans certaines localités du Mali », a justifié Ousmane Almoudou porte-parole du syndicat des enseignants.

La Synergie proteste contre l’harmonisation de la grille salariale des fonctionnaires et exige l’application de l’article 39 accordant 15,17% d’augmentation sur les salaires des enseignants.

Le 9 août courant, le syndicat des enseignants avait décidé d’entrer en « désobéissance civile » en fermant les structures de l’éducation sur toute l’étendue du territoire jusqu’à nouvel ordre, avant de renoncer à cette volonté de fermeture.

“Nous avons des principes qu’il faut respecter, d’abord notre culture ne nous permet pas de poser certains actes mais aussi la fonction enseignante qui est une fonction très honorable”, a déclaré Sidibé Dédéo Ousmane, ministre de l’Education nationale, lundi, avant de remercier les enseignants ayant renoncé à la fermeture des services scolaires.

“Des négociations ont été ouvertes vendredi dernier entre les enseignants et le gouvernement, ce dialogue va se poursuivre pour qu’on trouve des solutions définitives à la crise scolaire” a expliqué le ministre.

Agence Anadolu