Mali : affrontements intercommunautaires sanglants dans le sud

Des affrontements intercommunautaires sanglant ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi à Souroubiré dans l’arrondissement de Oussoubidjangna cercle de Bafoulabé région de Kayes (sud), a appris l’Agence Anadolu, jeudi, auprès de Demba Tounkara sous-préfet de Oussoubidjangna de l’arrondissement de Oussoubidjangna.

Le bilan de ces affrontements est de un (01) mort et plusieurs blessés selon le sous-préfet, mais des sources locales annoncent au moins six morts et plusieurs autres blessés graves dans ces affrontements entre pro et anti-esclavagistes.

« Les affrontements survenus à la suite de la volonté de la jeunesse héritée de l’esclavage après avoir reçu une autorisation du maire pour célébrer, le mercredi 29 septembre courant, la fête de l’indépendance du Mali. C’est cette soirée qui a été interrompue par la jeunesse de la chefferie. C’est cette interruption qui a été le fil conducteur de cet affrontement de célébration de fête accordée par la mairie aux anti-esclavagistes », a expliqué à l’Agence Anadolu, Demba Tounkara.

« Le bilan provisoire de ce violent conflit est de 1 mort et plusieurs blessés graves et une dizaine de motos calcinées. Le bilan pourrait s’alourdir car il y a plusieurs blessés dont certains sont graves », a souligné du sous–préfet de Oussoubidjangna Demba Tounkara .

Un important dispositif militaire a été déployé dans la zone du conflit et des armes et des marchettes ont été saisies, a indiqué la même source, ajoutant que plusieurs personnes ayant provoqué le conflit ont été interpellées.

« Je suis très consterné par rapport à cette situation qui relève d’une autre époque révolue. Je peux dire que cette situation pouvait être évité. Des gens qui sont ensembles depuis 3 siècles, qui s’adonnent à des actes de violence inédits. Des personnes qui se sont mariés entre eux, qui font tout ensemble, qui se tapent à sang et qui tirent des plaisirs de ces actes. Ce n’est pas digne du Mali, ce n’est pas digne du Khasso », a indiqué la même source.

La Commission nationale de droits de l’homme (CNDH) a exprimé, jeudi, sa très vive préoccupation par rapport à la recrudescence de la violence liée aux pratiques de l’esclavage par ascendance dans le cercle de Bafoulabé, région de Kayes.

« Des manifestations violentes, se traduisent, notamment par des atteintes aux droits à la vie, à l’intégrité physique, aux biens, se commettent depuis hier, 29 septembre courant dans cette localité », a déclaré la CNDH.

La Commission nationale de droits de l’homme a condamné avec fermeté les violences perpétrées entrainant parfois la mort, sur des personnes en raison de leur soi-disant statut  »d’esclave » et a invité le gouvernement à tout entreprendre pour mettre fin à ces violences récurrentes.

Pour rappel, une charte de cohabitation pacifique avait été élaborée, en août dernier, à l’issue d’un forum d’entente sociale entre les communautés de la région de Kayes (sud du Mali) en vue de trouver des solutions à la pratique de « l’esclavage par ascendance » (hérité par certaines familles) dans cette région.

Selon le gouverneur de la région, Colonel Moussa Soumaré,  »cette charte œuvrera, notamment, à abolir certaines appellations telles que « djon » utilisée pour désigner un « esclave » dans le but de rabaisser, humilier ou atteindre à la dignité de l’autre ».

Agence Anadolu