L’Union africaine suspend le Mali de ses instances

L’Union africaine a annoncé la suspension du Mali de toutes ses instances et appelé au retour à l’ordre constitutionnel dans le pays.

L’annonce a été faite par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine à l’issue de sa 1001ème réunion tenue mardi.

Condamnant « avec la plus grande fermeté » et rejetant « totalement les coups d’État et les changements anticonstitutionnels de gouvernement sur le continent », le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a, dans un communiqué consulté par l’agence Anadolu, décidé « de suspendre immédiatement la République du Mali de toute participation à toutes les activités de l’Union africaine, de ses organes et institutions, jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel normal soit rétabli dans le pays ».

Le Conseil a, en outre, exhorté « vivement les militaires maliens à retourner dans leurs casernes et à s’abstenir de toute nouvelle ingérence dans les processus politiques au Mali, tout en appelant à la création de conditions propices à un retour sans entrave, transparent et rapide à la transition dirigée par des civils, sur la base de la feuille de route convenue pour la transition au Mali ».

N’excluant pas de faire recours à « des sanctions ciblées et d’autres mesures punitives à l’encontre de tout trouble-fête de la transition actuelle », l’Union africaine a demandé « aux forces de défense et de sécurité maliennes de lever immédiatement toutes les restrictions imposées à tous les acteurs politiques, y compris l’assignation à résidence de Bah N’Daw et de Moctar Ouane ».

La décision de l’Union africaine intervient quelques jours après celle de la Communauté économique des États de
l’Afrique de l’ouest (Cédéao).

Réunis en session extraordinaire de à Accra au Ghana, les chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao ont décidé de suspendre le Mali des institutions de cette organisation.

Ils ont, par ailleurs, exigé la nomination d’un premier ministre civil. Le Mali a replongé dans une nouvelle crise politique le 24 mai dernier quand l’armée a arrêté puis limogé le président et transition Bah N’Daw et le premier ministre Moctar Ouane, accusés d’avoir violé la charte de transition suite à la formation d’un nouveau gouvernement.

Le vice-président de transition, le Colonel Assimi Goita, a été nommé président de transition, exerçant les fonctions de chef de l’État.

Le président malien de la transition Assimi Goïta a nommé, mardi, le président du Comité stratégique du « Mouvement du 05 juin – Rassemblement des forces patriotiques » (M5-RFP), Choguel Maiga au poste de Premier ministre.

Le gouvernement malien n’a encore fait aucune réaction concernant la décision de l’UA.

Agence Anadolu