Workplace

Littérature : Lookman Sawadogo pose le diagnostic d’un Burkina en sursis avec son œuvre «Se réconcilier ou périr, chronique d’une nation en sursis»,

«Se réconcilier ou périr, chronique d’une nation en sursis», c’est la toute première œuvre littéraire du journaliste-éditorialiste Lookman Sawadogo présentée ce jeudi 3 décembre à Ouagadougou. Un livre selon Dramane Konaté, sémiologue, critique de l’oeuvre, qui «montre le chemin à tous ceux qui sont animés de bonne volonté» en posant le diagnostic et des pistes de solutions sur la réconciliation nationale au Burkina.

Workplace
Annonces
Workplace

Sur la couverture de l’œuvre de 191 pages, une image de la carte du Burkina, conçue par Mahamoudou Sawadogo, expert en sécurité. Y sont dépeint en couleurs rouge, jaune et orange les différents groupes armés en scène au Burkina. Et de s’expliquer l’auteur, Lookman Sawadogo, «dedans, je parle un peu d’afghanisation, de somalisation parce que je crois que si vous prenez bien, si ce n’est pas en Afrique centrale, vous ne voyez pas autour de nous des pays où y a ce magma de groupes armés, qui détiennent des armes et que l’Etat ne contrôle pas. C’est nous qui avons ça. Dieu merci, on dit ça assure la sécurité maintenant, mais si après d’autres choses arrivent? Nous devons trouvez les moyens de nous tirer de là, de sorte que si demain il y a un problème, qu’on ne pense pas tout de suite à faire le repli identitaire, le repli ethno-regionaliste».

Ainsi, laisse entendre Lookman Sawadogo, quand on parle de réconciliation, il n’y a pas que la question politique. On peut selon lui, même faire abstraction de la question politique. C’est pourquoi, dit-il, «l’idée en écrivant le livre, c’est de ramener les uns et autres au centre et redéfinir ce qu’on appelle la réconciliation, qu’on se réapproprie d’un autre contenu. On ne doit pas rester figé sur la question politique, qu’on voit qu’au-delà. Il y a une réalité plus périlleuse qui est là».

Selon Lookman Sawadogo, le Burkina est un pays qui n’est pas bien portant au regard de tout ce qu’on vit

D’où il n’a pas manqué de dévoiler la motivation principale de l’écriture de cette œuvre, «je voulais dire ce que tout le monde ne voit pas forcément, je voulais faire une sociologie. C’est-à-dire qu’on aille au delà du simple fait du mot réconciliation».

Et continue-t-il,  «dès le départ, beaucoup disent que les Burkinabè n’ont pas de problème entre eux. Mais il peut y avoir un problème et si ils ont un problème? Si quelqu’un a un problème immunitaire, il est déficient, on va dire qu’il n’a pas de problème. Mais le jour où il mange ce qui n’est pas bien ou il contracte une maladie opportuniste? Donc il vaut mieux être bien portant, et c’est ça, aujourd’hui on n’est pas bien portant. Le Burkina est un pays qui n’est pas bien portant au regard de tout ce qu’on vit»

C’est donc à l’issue de près de deux ans d’analyse sur le terrain pour comprendre la dynamique, chercher des voies et solutions pour parvenir à une véritable réconciliation nationale qui a abouti à la naissance du livre. A affirmé l’auteur.

La dédicace de « Se réconcilier ou périr, chronique d’une nation en sursis», publié par les Éditions Plum’Afrik interviendra le 19 décembre prochain. Mais d’ores et déjà, il est disponible dans certaines librairies à Ouagadougou au prix de 6000 francs.

Samiratou OUEDRAOGO

Workplace