Le bilan de l’embuscade de Barsalogho monte à 15 policiers tués

Le bilan actualisé de l’embuscade tendue lundi soir par « des individus armés non identifiés » dans la localité de Bilbalogo non loin de Barsalogho, dans le centre-nord, contre une équipe de police est passé à 15 morts, a annoncé Rachid Palenfo, commissaire de police et membre du syndicat de police Unapol.

Le bilan a été revu à la hausse après la découverte de quatre corps de policiers portés disparus mardi soir. Sept autres policiers ont été retrouvés sains et saufs.

« Pour confirmation, les corps sont à la morgue et ont été identifiés ce matin », a écrit Palenfo dans une note.

« Nous sommes actuellement en train chercher à inhumer nos collègues tombés au front », a déclaré au téléphone à l’Agence Anadolu, un officier de police qui pointe du doigt le manque de moyens.

Lundi aux environs de 15H00, une équipe de la police nationale composée de 22 policiers, a été la cible d’une embuscade tendue par des individus armés sur l’axe Barsalogo-Foubé (région du Centre-Nord) alors que l’équipe était en mission sur Yirgou.

Revenant sur les faits dans une tribune, le Commissaire de police, expert en gouvernance et sécurité, Rachid Palenfo a fustigé le manque d’équipements conséquents à la disposition des policiers dans la lutte contre le terrorisme.

Il a précisé que la police a toujours posé le problème d’équipement sans une réponse favorable.

« Les éléments ont pourtant posé le problème. Des tas de besoin ont été exprimés à qui de droit. Celui-là même qui insiste et persiste pour que les policiers soient sur les théâtres. Ils trouvent que les positions actuelles sont insuffisantes. Toujours apte à critiquer les actions mais incapable, voire colérique quand on lui demande de trouver les armes pour les hommes », s’est-il indigné.

« Les éléments n’avaient que des kalachnikovs (…) L’ennemi avait lui des lance-roquettes », a-t-il souligné.

L’embuscade contre la police est intervenue une dizaine de jours après une attaque d’envergure contre un site minier artisanal dans le village de Solhan (Sahel) faisant officiellement 132 morts (160 selon les autorités régionales).

Ce mercredi, dans une déclaration, des organisations de la société civile ont annoncé la tenue d’une manifestation, samedi prochain, dans la province du Loroum (nord) pour « dénoncer le délaissement » de leur province par les autorités dans cette situation d’insécurité.

Ces organisations exigent, entre autres, le déploiement d’un détachement militaire, l’équipement des volontaires pour la défense de la patrie (les supplétifs de l’armée) et des vivres pour les déplacés internes.

Le 12 juin courant, des milliers de personnes avait déjà manifesté à Dori dans le chef-lieu de la région du Sahel, à environ 300 km au nord-est de Ouagadougou, pour protester contre le « silence » face aux multiples attaques terroristes auxquelles fait face cette partie du pays.

Avec l’Agence Anadolu