Karma : “Si dans un village de 400 habitants, plus de 200 sont complices d’un crime supposé, il faut peut-être s’interroger.” (NAB)

Ceci est une tribune libre de Newton Ahmed Barry sur le drame de Karma.

Hélas!

Annonces

Nous nous sommes déshumanisés à force de croire que plus de morts est la solution à notre problème ! Les voix de la raison ne sont plus audibles.

On écoute plus Bindouté que Maix !

La guerre n’est pas un jeu de vidéo qui peut-être conduite par des esprits immatures.

La guerre est terrible surtout quand elle est totale et débridée, elle finit par ne plus discerner les ennemis.

La guerre est terrible surtout quand ses buts sont imprécis et les moyens suffisamment flous.

Contre qui finalement nous battons nous ?

Karma, montre que c’est contre nous-mêmes. Si dans un village de 400 habitants, plus de 200 sont complices d’un crime supposé contre la nation, il faut peut-être s’interroger. S’il faut ôter autant de vies pour espérer éteindre l’incendie, le coût d’une telle « victoire » est si immonde qu’il faut lui préférer une défaite à visage humain.

Karma arrive parce qu’on a banalisé la mort. Tuer un Burkinabe n’est plus un problème. Cela n’émeut plus personne. Certains mêmes en jacassent sur les réseaux sociaux se réjouissant de ce que les charognards vont bien festoyer.

Quand la guerre se résume à l’accumulation des arsenaux, nous devons nous préparer à aligner des Karma.
Il y a un moment que l’on voyait venir le tournant qui a produit Karma. En effet, les théoriciens de la guerre du régime commençaient à indexer les villages qui n’avaient pas mis en place des VDP ou des villages qui étaient encore en place alors que tous les autres avaient été déguerpis. Ceux-ci étaient ouvertement accusés de pactiser avec les terroristes. Or chacun sait ce que coûte une pareille accusation dans le contexte d’aujourd’hui. Ce tournant ce dessinait de façon très claire. Karma a été hélas la malheureuse première victime.

Cette guerre telle qu’elle est menée n’est pas gagnable. Car elle se mène sur des facteurs qui précipitent le délitement du pays.

Posons-nous les bonnes questions :
Est-ce que du 30 septembre 2022 au 25 avril 2023, il est possible d’affirmer que la situation du pays s’est améliorée dans un segment essentiel ?

Si on ne peut pas répondre par l’affirmative, alors prenons notre courage et revoyons pour espérer sauver l’essentiel ! Pour cela tout le monde est interpellé et nos FDS également. Il s’agit de notre pays. Sachons nous remettre en cause.

Karma: Inna lilahi wa inna ilehi rajoun !

Allah aide, ceux qui s’aident !

NAB