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Elections 2020 : selon le RENLAC, la corruption a déterminé les résultats

Le Réseau national de lutte anti-corruption (RENLAC) a organisé un déjeuner de presse ce jeudi 11 février 2021 au Centre national de presse Norbert ZONGO de Ouagadougou, pour présenter son rapport d’observation des élections couplées 2020. La présentation a été faite par le chargé des études et enquêtes, M.  Issouf PARE, assisté du Secrétaire exécutif, et deux autres membres du réseau.

Dans son rapport, le RENLAC définit la corruption électorale comme étant toute pratique illégale dans le processus électoral, qui pourrait entacher la sincérité des votes; l’achat des consciences, la manipulation des listes électorales, l’utilisation des biens publics à des fins de campagne, et le détournement des votes.

Selon le RENLAC dit avoir organisé des débats publics sur le respect des dispositions de la loi électorale, dénonciations publiques des pratiques de corruption et de fraudes électorales. Par ailleurs, l’organisme anti-corruption avait formulé des recommandations visant à susciter des reformes pour mieux combattre le phénomène. Mais les achats de conscience et la corruption ont été au centre des campagnes dernières, déplore le RENLAC.

Des résultats des enquêtes, il ressort que 439 pratiques de corruption ont été relevées, dont 314 observations directes et 125 cas de témoignages. En ce qui concerne les faits de corruption directement observés, la distribution d’argent représente 35% des cas, la distribution de carburant 19%, et la distribution de tee-shirt avec ou sans l’effigie de partis, 18% des cas.

Toujours selon le rapport, le 18 novembre 2020, c’est par groupe de 10 que les citoyens, majoritairement des femmes, ont accédé dans la cour de Jean Claude BOUDA, ex Ministre de la défense. Après les échanges sur la consigne de vote en faveur du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), chaque groupe est ressorti avec 20.000 francs.

Le matin du 19 novembre, dans le village de Tamissi, à trois kilomètres de Ziniaré, les responsables du RPI ont donné 20 sacs d’engrais aux jardiniers, et la somme de 50.000 francs aux personnes âgées du village.

Le 12 novembre, à Ouahigouya, des tee-shirts avec l’effigie de Zéphirin DIABRE  ont été distribués à des jeunes de différents secteurs pour accueillir le candidat et participer au meeting.

Toujours dans la même logique, le 13 Novembre à l’école C de Ziniaré, des responsables de campagne du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) ont organisé un mini meeting où 50.000 francs ont été donnés aux participants.

En considérant l’ensemble des faits de corruption observés, le REN-LAC  affiche les résultats suivants :

  • le MPP : (46,9%) des cas de corruption électorale
  • le CDP :  (10,3%),
  • l’UPC : (7,3%),
  • RPI : (5,5%),
  • et le NTD (3,2%).

Ces six premiers partis qui ont le plus utilisé de mauvaises pratiques au cours de la pré-campagne et de la campagne sont ceux qui ont eu plus de voies lors du scrutin, a fait remarquer le RENLAC. Pour cette structure, la fraude et la corruption ont donc joué un rôle majeur dans l’issue des élections du 22 Novembre 2020.

Le REN-LAC dit avoir observé également  des manquements de transparence dans le recrutement des agents électoraux. En outre, selon le réseau, le droit de vote des citoyens a été remis en cause dans certaines localités, et il y a eu du retard dans l’ouverture de bureaux de vote.

Le présentateur a terminé en suggérant des idées aux structures impliquées dans le processus électoral, pour qu’elles organisent mieux les scrutins à venir.

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