[EDITO] A quand la guerre ? A quand la paix ?

Depuis le début de la croisade du Burkina Faso contre les forces du mal, c’est la première fois qu’une énergie populaire débordante accompagne un chef de l’Etat. Le Capitaine IB tient là un atout, et il l’a reconnu lors de son face à face avec les journalistes de Savane Médias et de la RTB. Un exercice au cours duquel l’homme du 30 septembre s’est montré éloquent, serein et optimiste. Outre le fait qu’il a fait montre d’une volonté de patriote, et d’une détermination à livrer un combat sans merci contre la corruption devenue un sport de prédilection sous nos cieux. Mais, le fait de dire que la guerre n’a pas encore commencé, était une fausse note, à n’en point douter. A quand donc cette guerre contre le terrorisme ?

Combien de vies devrons-nous encore payer ? Quelles quantités de sang et de larmes avons-nous encore à verser ? Ce sont les questions que l’on est tenté de se poser. A l’évidence, le Capitaine IB ne s’est pas fait comprendre. Il parlait surement d’une nouvelle étape de la guerre, un autre niveau de la foudre déclenchée contre les ennemis qui nous assaillent. Ce, d’autant plus que du matériel de surveillance et d’autres armes sophistiquées ont été acquis, selon le chef de l’Etat. Mais, disons-nous la vérité. Il ne sert à rien de s’acharner sur un morceau des propos du Capitaine IB. L’essentiel est qu’il a rassuré que, malgré la tempête, il n’a pas baissé la garde.

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Seulement, il ne suffit pas d’être optimiste. Il faut bien montrer le cap et la trajectoire. C’est là que l’interview du PF a manqué de lisibilité. Pas d’annonces fortes, pas de décisions majeures, pas de chronogramme clair de la Transition. Or, dans ce pays où les gens ont horreur des chefs qui s’accrochent aux fauteuils, il vaut mieux pour une transition de se fixer des objectifs réalistes et limités dans le temps, s’en tenir à là, et quitter les choses avant que les choses la quittent. Et ces objectifs, aucun pouvoir n’est assez fort et autonome pour pouvoir les atteindre seul. Il faut bien s’associer toutes les forces vives. 

C’est pourquoi, le temps passé à tergiverser sur l’idée d’un gouvernement d’union nationale, les fronts ouverts çà et là contre le monde entier, vont nous revenir tel un boomerang. Car, viendra un moment où l’effervescence va s’estomper, nous laissant devant les dégâts causés par quelques actions d’éclats. Personne ne devrait souhaiter l’échec du jeune Capitaine et de son équipe. C’est l’un des derniers remparts qu’il nous reste pour survivre et rebondir.

Mais il appartient à ce révolutionnaire soft, adulé par la jeunesse d’ici et d’ailleurs, de créer les conditions pour être activement soutenu par toutes les intelligences et toutes les forces de la Nation. Ce sera la seule façon pour lui de dévier de la trajectoire de Kaboré et de Damiba, et de mériter un jour la canne d’honneur de Jerry Rawlings.

La Rédaction