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Burkina : la CCVC s’insurge contre la flambée des prix de produits de grande consommation

Dans la déclaration qui suit, la Coalition de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC) de la ville de Ouagadougou fait un constat amère des conditions de vie, de plus en plus élevées des populations.

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Populations de la ville de Ouagadougou et localités environnantes, organisons-nous au sein des CCVC et mettons-nous à l’œuvre pour contribuer à la construction d’un Mouvement d’Unité Populaire pour le changement révolutionnaire en faveur du peuple et mettre en déroute les plans de soumissions de l’impérialisme et de ses valets locaux.

La situation internationale est marquée de nos jours par la crise du système capitaliste impérialiste mondial et ses corollaires de guerres de pillage et de prédation contre la classe ouvrière et les peuples du monde. En effet, la guerre russo-ukrainienne est en fait une guerre entre la Russie et le bloc US/ OTAN pour l’hégémonie mondiale. Cette situation a pour conséquences entre autres le renchérissement général du coût de la vie (alimentation, énergie, transports, etc.) pour les travailleurs, les peuples du monde et en particulier pour les populations de notre pays.

Face à un tel contexte, la classe ouvrière et les autres masses laborieuses développent des luttes multiformes pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, se dressent contre le système d’oppression et d’exploitation capitaliste impérialiste qui domine le monde.

Dégradation des conditions de vie des populations de la ville liée à la vie chère

Au Burkina Faso, la situation est marquée par les faits majeurs suivants :
L’exacerbation de la crise du système capitaliste impérialiste néocolonial qui se manifeste par les coups d’état à répétition (2 coups d’état en 8 mois), source d’insécurité et d’instabilité politique ;

L’aggravation de l’insécurité, par la multiplication des attaques terroristes endeuillant les populations avec des déplacés internes en nombre toujours croissant, crise sécuritaire qui n’est en réalité autre chose qu’une guerre civile réactionnaire imposée à notre peuple par les puissances impérialistes et leurs alliés locaux. L’on note ainsi :

Plus de 2000 morts aussi bien au sein des FDS que des civils et plus de 2 000 000 de déplacés internes. ;

Des pans entiers du territoire national qui échappent au contrôle du pouvoir central ;

On enregistre de nombreuses destructions d’infrastructures (écoles, mairies de communes rurales, postes de commissariat de police, postes de gendarmerie, installations téléphoniques, électriques, incendies de marchés et yaars etc.).
Cette crise sécuritaire d’ampleur nationale contribue d’une façon ou d’une autre à la dégradation des conditions de vie des populations de la ville de Ouagadougou, capitale du pays.

L’insécurité et le renchérissement du coût de la vie exposent les populations à la vie chère, à la famine, à la misère, bref à la précarité et à une paupérisation accrue et continue ;

L’on note l’augmentation des prix des produits de première nécessité (riz, mais, mil, sorgho, haricot, pain, sucre, savon, huile, etc.). ;

Les boutiques témoins sensées contribuer à l’atténuation du coût de la vie ne fonctionnent que par intermittence, etc. ;

La récente augmentation sensible du prix des produits pharmaceutiques ;
En moins d’un an les MPSR 1 et 2 ont procédé à une triple augmentation du prix des hydrocarbures jamais égalée de 235 F sur le super 91 (jeudi 12 mai 2022 : 100 FCFA, 18 août 2022 : 35 FCFA, samedi 11 février 2023 :100 FCFA).
Ces hausses successives contribuent encore à un renchérissement du coût de la vie.

Toutes ces hausses des prix se traduisent par un taux d’inflation de 17%, l’un des taux le plus élevé de la sous-région sinon le taux le plus élevé. Ce taux confirme le niveau de dégradation des conditions de vie dans le pays et dans la ville de Ouagadougou en particulier.

La remise en cause des libertés démocratiques et syndicales et une fascisation rampante ;

Ce tableau d’ensemble sur le renchérissement du coût de la vie, la paupérisation accrue, laisse voir le peu d’intérêt du pouvoir des MPSR (1 et 2) pour sortir les populations des villes et des campagnes de la misère que la crise sécuritaire ne saurait à elle seule justifier.

Résultats de l’enquête menée sur l’évolution des prix des produits de première nécessité dans la ville de Ouagadougou entre 2021 à 2023
Pour illustrer la hausse vertigineuse du coût de la vie dans la ville sur les trois dernières années, les CCVC de la ville de Ouagadougou ont procédé à un relevé des prix des produits de grande consommation (maïs, petit mil, sorgho blanc, riz, huile, savon, etc.) dans les boutiques, marchés et yaars des cinq anciens arrondissements de Ouagadougou (Baskuy, Bogodogo, Boulmiougou, Nongr-Massom et Sigh-Nooghin) qui regroupent les 12 arrondissements actuels de la ville.

A l’issue des enquêtes menées sur l’évolution des prix (Cf. Tableau ci-dessous), il ressort :

Pour les produits de grande consommation : Les prix des sacs de 50 kg de riz ont fluctué de 2021 à 2023 entre 29 % et 64 % suivant les yaars et aussi du type de riz utilisé par la grande partie des ménages ; le prix du sac de maïs de 100kg a connu une hausse située entre 54,3% et 71,4%, le bidon d’huile Dinor de 20 litres entre 79,31% et 96,55%, le KG du sucre en poudre entre 20% et 40%, le KG du sucre en carreaux entre 30,76% et 38,46%, le litre d’essence super 91 entre 22% et 38,21%, le Savon CITEC en carton de 24 boules entre 13,33% et 40%.

Tableau sur l’évolution des prix de certains produits de grande consommation.

Pour le carburant, à titre indicatif au 3/03/2023, le baril de Brent (159 L) vaut 83,98 dollars américains (83,98 *617,9632 F CFA) soit 51896,5495 FCFA. Le prix du litre à l’international à cette date est donc (51896,5495/159) = 326,3934F. Ce qui signifie que l’augmentation actuelle de 100 F, portant le prix du litre à 850 F ne se justifie pas ;

Dans le domaine du logement :

A Ouaga, il n’y a pas d’Habitat à Loyer Modéré (HLM) ; les marchands de sommeil s’en frottent les mains du fait de la forte demande.

Pour ce qui concerne l’Energie et l’eau :
Les difficultés issues des coupures, des facturations de l’ONEA et de la SONABEL contribuent à accroitre le coût de la vie. En ce début de période de forte chaleur, les difficultés permanentes constatées chaque année refont surface : premières coupures d’électricité déjà enregistrées au niveau de la SONABEL ; qu’en sera-t-il pour l’eau au niveau de l’ONEA ?
Depuis plus de 5 ans, il y a un projet d’électrification de la périphérie de Ouagadougou. Les poteaux sont en place par exemple à SANDOGO, mais il n’y a pas de possibilité de s’y abonner à un prix social.
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Le chômage, qui sévit particulièrement au niveau de la jeunesse, contribue lui aussi au renchérissement du coût de la vie. Les autorités trompent la jeunesse avec des thèmes relatifs à l’entreprenariat et dans le même temps, elles refusent d’ouvrir Faso-Fani, Brafaso et l’usine de tomate de ZINIARE qui pourraient offrir des milliers d’emplois aux jeunes.

Dans un tel contexte, les populations des villes et des campagnes n’ont d’autre choix que de s’organiser et de lutter pour réaliser l’unité populaire pour un changement révolutionnaire en leur faveur.
La gouvernance actuelle laisse entrevoir des lendemains sombres empreints de misère, de famine, d’insécurité et de terreur au regard de la montée fulgurante du terrorisme dans de nombreuses régions et localités du pays.
C’est pourquoi, la Coordination des CCVC de la ville de Ouagadougou, fidèle à son engagement de lutter contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés :
Dénonce l’incapacité du pouvoir de la transition à répondre aux attentes sécuritaires des populations des villes et des campagnes ;
Dénonce les errements du pouvoir MPSR qui maintient et poursuit les politiques d’asservissement perpétuel des institutions de Brettons Woods (PAS, PNDES, etc.) ;
Interpelle le pouvoir du MPSR sur la question cruciale qu’est la flambée des prix des produits de grande consommation, la vie chère en général ; car les populations attendent de vraies solutions à ces problèmes, lesquelles solutions passent par l’application de politiques cohérentes privilégiant les intérêts du pays ;
Appelle les populations de la ville de Ouagadougou et des localités environnantes à renforcer les CCVC d’arrondissement et à exiger des autorités la prise en compte effective de leurs préoccupations pressantes qui sont entre autres la défense de l’intégrité du territoire, la sécurité des personnes et des biens, la vie chère, la question foncière ;
Non à la hausse incessante des prix des hydrocarbures ;
Non à la flambée des prix des denrées de grande consommation ;
Non à la paupérisation continue des populations de la ville de Ouagadougou et environnants !
En avant pour la construction d’un mouvement d’unité populaire pour le changement révolutionnaire en faveur du peuple !
Pain et liberté pour le peuple !

LA COORDINATION DES CCVC DE LA VILLE DE OUAGADOUGOU

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