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[EDITO] Crise à la CENI : des blocages inutiles qui peuvent coûter cher !

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) fait encore parler d’elle. L’institution tripode conduite (jusque-là) par Newton Ahmed Barry, amorce un tournant dangereux, avec la crise liée au renouvellement de ses instances dirigeantes. Des banalités et des jeux d’intérêts qui s’entremêlent pour donner un cocktail molotov !
 
Le piège était trop visible pour que l’Opposition politique se fasse prendre : le Sao Naaba, cadre indéfectible du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP, parti au pouvoir), proposé par les coutumiers pour les représenter à la CENI. De surcroît, à une période où, selon la logique des présidences tournantes, c’est le représentant des coutumiers qui devra être désigné nouveau président de la CENI.

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Avec tout le respect qu’elle a pour la chefferie coutumière, l’Opposition n’a pas voulu se faire hara-kiri, en acquiesçant cette désignation sans hésitation ni murmure.
Clément P. Sawadogo, le ministre d’Etat chargé des libertés publiques, a donné des arguments juridiques pertinents, certes, mais qui ne convainquent pas l’Opposition et même l’opinion. Le problème est politique, après tout. Et comme aimait à le dire Newton Ahmed Barry, le président de la CENI doit être « irréprochable comme la femme de César ».


La CENI, depuis sa création, a toujours essayé de faire prévaloir la collégialité dans ses décisions, même en des périodes tendues comme celles électorales. C’est donc la première fois qu’un bureau présente une fracture aussi béante, avant même de prendre fonction.


Si donc la présence du Sao Naaba à la CENI en tant qu’OSC pose problème, ce serait bien qu’il renonce au bras de fer, en permettant que ses mandataires lui trouvent un remplaçant. Ou, puisqu’il est connu comme militant du MPP, et que les aménagements sont toujours possibles, il pourrait siéger en qualité de commissaire de la Majorité.
Du reste, la FAIB, dans une lettre adressée au Ministre de l’Administration territoriale, a procédé au remplacement de Newton Ahmed Barry, dans le souci de préserver la paix sociale. Cet effort, les autres composantes sont appelées à le faire.


Hormis cela, les préoccupations posées par l’Opposition Non Affiliée (ONA) ne semblent pas pertinentes. Si le Gouvernement ouvre la brèche en consultant l’ONA pour la composition de la CENI ou pour toute autre question d’intérêt national, chaque parti politique qui ne trouvera plus son intérêt dans un bloc, va créer son petit regroupement et exiger que l’Etat le consulte et obtienne son quitus. Le problème posé par l’ONA, de manière somme toute légitime, n’en n’est pas un.


L’urgent et l’important à l’heure actuelle, c’est de réussir, par le dialogue, à mettre en place une CENI qui ira rapidement au charbon pour préparer les futures échéances électorales, en prenant en compte les réformes qui viendront à être opérées.


Mais si le blocage persiste, dans ce contexte sécuritaire très délétère, cette crise négligeable de la CENI pourrait être l’étincelle d’une grave crise politique. Chose dont le Burkina n’a pas besoin.
 
La Rédaction
 

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