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Confiscation de la liberté de Bala Sakandé : l’analyse sans concession d’Abdoulaye Barry

Alassane Bala Sakandé

Dans la tribune qui suit, le journaliste Abdoulaye Barry se prononce sur le fait que le Président du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP, ex-parti au pouvoir) est toujours empêché de quitter le territoire national et ce, malgré une décision de justice l’y autorisant.

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Lueur de totalitarisme ?

La junte militaire au pouvoir à Ouagadougou continue de confisquer les libertés individuelles et de marcher sur les décisions de justice.
Après avoir organisé le retour de Blaise Compaoré au pays alors qu’il est sous le coup d’un mandat d’arrêt suite à sa condamnation, à la perpétuité dans l’affaire Sankara, le MPSR n’entend, visiblement pas, faire amende honorable.

Au lieu de se concentrer exclusivement sur l’objectif stratégique numéro un à savoir la restauration de l’intégrité du territoire, le pouvoir militaire bande les muscles contre des citoyens sans défense.

L’ancien Président de l’Assemblée nationale, Alassane Balla Sakandé est interdit de quitter le pays depuis janvier, sans aucune base légale.
La semaine dernière, la justice a, pourtant, rendu une décision l’autorisant à voyager surtout qu’il aurait un état de santé très préoccupant.

Le pouvoir du MPSR ne semble pas prêt à se soumettre à cette décision du juge.

Pour preuve, le Président du MPP n’est toujours pas libre, selon nos sources, de quitter le pays.
Au sens propre comme au figuré, il s’agit d’une atteinte grave aux droits d’un citoyen et d’une énième violation flagrante de la constitution.
Le Burkina Faso a opté pour l’état de droit qui n’offre aucun raccourci en dehors du respect et de l’application des règles édictées.

Face à toutes ces dérives, la justice doit s’assumer dans toute la rigueur de la règle de droit en interpellant désormais de façon systématique tous ceux qui veulent fouler aux pieds ses décisions.

S’il existe des charges contre Alassane Balla Sankande ou tout autre homme politique, c’est à la justice de faire son travail en engageant des poursuites contre la personne.
Au cas contraire, leurs droits de citoyens libres du Burkina Faso sont inviolables.
C’est la constitution, la norme supérieure, qui le consacre.

Et, je pense que « la nuit n’est pas aussi trop avancée pour qu’on se trompe de natte » comme disent les dioula.
La roue de l’histoire tourne, inexorablement.
Ne l’oublions pas.

Cette situation interpelle tous les défenseurs des droits de l’homme ainsi que tous les citoyens épris de justice et de liberté.
Le pays est entrain de glisser dangereusement vers un régime totalitaire et liberticide.
C’est inadmissible.

Aucun mensonge ne résiste à l’épreuve du temps.

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