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Centrafrique : la société civile dénonce des “dérives” de la Minusca

Un accident de la circulation impliquant un camion de la mission onusienne en République centrafricaine (Minusca), samedi, a provoqué une vague de contestation à Bangui et des réactions d’associations de défense des droits humains.

L’accident a eu lieu samedi à l’avenue de France dans la capitale centrafricaine, lorsqu’un camion de la Minusca a mortellement heurté un conducteur de taxi-moto ainsi que son passager.

« Constatant que son camion vient d’écraser deux personnes, le conducteur du camion a préféré s’enfuir pour ne pas laisser de traces, mais il est traqué par d’autres taxis-motos qui ont tenté de l’empêcher de s’éclipser », a rapporté le journal local Corbeau News (indépendant).

Selon la même source, cet incident a provoqué « une géante manifestation » dans les rues de Bangui et « les manifestants ont transporté les corps des deux premières victimes pour les déposer devant la Primature sur l’avenue des martyrs ».

Cet accident impliquant les forces de l’ONU en RCA a également provoqué la colère de la société civile.

« Au lieu d’apporter les premiers secours aux victimes, le conducteur du camion a préféré s’enfuir pour ne pas laisser des traces. De plus, en chemin, il a heurté un autre motocycliste », s’est indigné dans un communiqué Kosso Pierre, vice-président de l’Association pour la défense des intérêts des victimes en Centrafrique.

Pour sa part, le Réseau national pour la sauvegarde des acquis de la paix en RCA a réagi plus fermement contre la mission de l’ONU.

« A quoi nous sert cette mission, si elle ne nous aide pas à nous débarrasser des bandits et des assassins, mais au contraire, c’est elle-même qui multiplie les victimes parmi les civils », s’est interrogé Davy Yannick Andjidan, coordonnateur du Réseau national pour la sauvegarde des acquis de la paix en RCA.

D’après ce réseau, dans la localité d’Amadagaza dans la préfecture de Mambéré-Kadéï, « un Centrafricain est également mort sous les roues d’un véhicule de la Minusca » en mai dernier.

Malgré ces décès, suivis d’une grande manifestation, à Bangui samedi, ni le gouvernement centrafricain ni la Minuca n’ont réagi.

« Depuis plus d’une décennie, le secteur des transports connait un bouleversement dû à l’apparition des motocycles dont certains sont affectés au transport à titre onéreux de personnes et de marchandises », a indiqué à l’Agence Anadolu le ministre de l’Entreprenariat, des Petites et Moyennes entreprises, Bertrand Touaboy.

Selon lui, en République centrafricaine, à Bangui en particulier, les accidents de la circulation constituent une cause importante de mortalités, non sans souligner que c’est en « raison du manque de formation des conducteurs aux règles fondamentales du code de la route et à la maitrise du matériel roulant. »

1 400 cas d’accidents ont eu lieu en 2020 dont 1 000 décès ont été enregistrés dans le seul hôpital communautaire de Bnagui au titre de l’année 2020 selon le ministère des Transports.

Agence Anadolu

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