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Centrafrique : déploiement de 600 militaires russes supplémentaires

Quelque 600 militaires russes seront déployés en République centrafricaine, à la demande de Bangui, a affirmé le chef des instructeurs russes en RCA, Alexandre Ivanov, dans une interview accordée le 30 juin à “Sputnik”.

« Le 4 mai, le Conseil de sécurité de l’ONU en a reçu une notification officielle. Marie-Noëlle Koyara, ministre centrafricaine de la Défense, a notifié l’ONU qu’elle avait demandé à la Fédération de Russie d’envoyer 600 autres instructeurs, en plus de ceux déjà présents en RCA », a relevé Ivanov.

« Il y a maintenant 535 instructeurs russes en RCA. Pour le moment, nous ne faisons qu’augmenter progressivement le nombre d’employés de 535 à 1 135 personnes », a t-il précisé.

D’après Ivanov, toute augmentation éventuelle du nombre d’instructeurs russes dans l’avenir dépend des souhaits du gouvernement centrafricain.

Il a souligné que tous les instructeurs russes qui se trouvent sur le territoire centrafricain dans le cadre des accords bilatéraux entre la Fédération de Russie et la RCA ont la nationalité russe et que certains sont arabophones, « recrutés, entre autres, dans le but d’assurer une interaction confortable avec les représentants des communautés musulmanes de la RCA ».

Depuis janvier dernier, l’armée centrafricaine et ses alliés russes et rwandais combattent des groupes rebelles et ont réussi de libérer plusieurs régions du pays des rebelles armés.

« Les Centrafricains attribuent une grande partie de ce succès au travail des instructeurs russes, qui ont su former une armée efficace et constituer un appui fiable pour le pays », s’est vanté le chef des instructeurs russes en RCA.

Ivanov a estimé que sur la scène internationale, « tout succès de la Russie irrite certains pays », c’est pourquoi ceux-ci cherchent à discréditer leurs réalisations « avec des affabulations, même les plus ridicules ».

Il a pointé du doigt certains médias français qui « compilent et légalisent simplement ces rumeurs pour le public mondial, en choisissant les accusations, les plus pratiques et les moins vérifiables contre les instructeurs russes, de viol ou de meurtre sur la base de preuves anonymes ».

— Rapport de l’ONU

Dans un rapport publié le 23 juin, des experts de l’ONU ont décrié « les violations des droits de l’homme et manquements au droit international humanitaire imputables aux Forces armées centrafricaines (FACA), forces bilatérales et autres personnels de sécurité, documentées avec exactitude dans les zones sous leur contrôle ».

Le ministère de la Défense de la RCA a réagi le 29 juin à ce rapport, rejetant les conclusions des experts, qui évoquaient notamment des exactions attribuées aux forces armées et aux mercenaires russes déployés dans le pays.

« Il s’agit là d’une volonté manifeste de ternir par tous les moyens l’image de notre institution militaire, alors que celle-ci continue de consentir d’énormes sacrifices pour restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire », estime le capitaine Firmin Amoulo Malo, porte-parole du ministère centrafricain de la Défense.

Tout en estimant que « ces accusations sont dégoûtantes et n’ont rien à voir avec la réalité » en RCA, Alexandre Ivanov a souligné une fois de plus que « ces crimes ne peuvent pas être commis par des instructeurs » russes, car ils sont « soumis à une sélection rigoureuse » lors de leur recrutement.

Selon des ONG, plusieurs centaines de combattants du groupe de sécurité privé russe Wagner participent depuis plusieurs mois aux combats menés contre les rebelles centrafricains sans que leurs relations avec les «instructeurs» russes admis par Moscou ne soient clairement établies.

L’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique, qui expire au 31 juillet prochain, est en vigueur depuis 2013 après qu’une coalition de groupes armés a renversé le régime en place et plongé le pays dans la guerre civile.

Suite à une demande de la Russie, l’embargo a été allégé en 2019 et en 2020 pour permettre de fournir des armes légères à l’armée centrafricaine.

Agence Anadolu

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