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Blé ukrainien : Macky Sall révèle, à Paris, les propositions de Vladimir Poutine pour libérer la marchandise en stock

Après sa rencontre, la semaine dernière, avec le président russe Vladimir Poutine, le chef de l’Etat sénégalais et président en exercice de l’Union africaine (UA), Macky Sall, s’est rendu ce vendredi à Paris, où il a été reçu par son homologue français, Emmanuel Macron, pour discuter de la crise du blé en Ukraine.

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Le président sénégalais est revenu, aujourd’hui, lors de son entretien avec son homologue français, sur le contenu de sa discussion avec Poutine auprès duquel il a plaidé la cause des Africains menacés de famine. Selon les détails communiqués par l’Élysée, les deux responsables ont longuement évoqué les discussions engagées avec le président Poutine. Officiellement, selon la même source, Vladimir Poutine veut pouvoir s’assurer que les navires commerciaux qui entreraient dans le port d’Odessa pour charger les céréales n’en profitent pas pour livrer des armes aux Ukrainiens.

Mais le principe d’inspections russes dans les eaux territoriales ukrainiennes est rejeté au nom de la souveraineté, tant par l’Ukraine que par les alliés. En revanche, les inspections pourraient être effectuées par des agents de l’ONU qui joueraient ici les tiers de confiance.

L’Élysée a fait également savoir que plusieurs autres problèmes ont été évoqués entre Macky Sall et Emmanuel Macron, notamment le déminage du port d’Odessa par les Ukrainiens ou du moins une cartographie des mines de manière que les vraquiers évitent les explosifs.

À cet effet, Poutine propose des « corridors de sécurité » pour le blé ukrainien. « Il a également proposé d’autres schémas qui n’intéressent peut-être pas l’Ukraine, comme le passage par le Danube ou la Biélorussie et même par Marioupol, où Poutine s’est là aussi engagé à mettre en place des corridors sécurisés », a révélé Macky Sall dans un entretien au Figaro.

L’autre difficulté réside dans la disponibilité des bateaux devant s’aventurer en Ukraine pour transporter la marchandise. « Pour l’instant, ils ne sont pas disponibles », a indiqué l’Élysée, en soulignant aussi la difficulté à trouver des compagnies d’assurance prêtes à prendre le risque d’assurer les navires transporteurs dans cette zone de guerre.

Mais ce ne sont pas les seuls obstacles. Il faudra s’assurer que le blé extrait d’Odessa ne soit pas vendu aux plus offrants, mais bien aux populations les plus exposées aux pénuries et à des prix abordables.

« Ça, c’est le sens de l’Initiative FARM (Food and Agriculture Resilience Mission), que nous avons lancée en marge de la réunion du G7 et du sommet de l’Otan. […] Sur ces points, Macky Sall était tout à fait réceptif », a précisé l’Élysée. Et la Présidence française d’ajouter : « Ce qui intéresse le président Macron dans ses contacts avec les uns et les autres, c’est de poser les bases d’une action commune qui réponde aux besoins de chacun à la fois en termes de sécurité et en termes de solidarité internationale pour pouvoir gérer les effets de cette crise ».

Vendredi 3 juin, Macky Sall avait rencontré le président Poutine et il lui a affirmé que « l’Afrique est le continent le plus impacté par la guerre en Ukraine ». Pratiquement tous les pays africains sont importateurs de blé russe et ukrainien, dont l’Égypte premier grand importateur de ce produit, avec plus de 12,8 millions de tonnes par an.

Agence Anadolu

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