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Bénin : polémique autour de la nouvelle loi autorisant l’avortement

La loi relative à la modification de la législation sur la santé sexuelle et la reproduction, autorisant l’avortement au Bénin et adoptée jeudi dernier par les députés, suscite actuellement de vives controverses entre le clergé catholique et le gouvernement béninois, a constaté dimanche Xinhua à Cotonou.

“A la demande de la femme enceinte, l’interruption volontaire de grossesse peut être autorisée lorsque celle-ci est susceptible d’aggraver ou d’occasionner une situation de détresse matérielle, (…) professionnelle ou morale incompatible avec l’intérêt de la femme et/ou de l’enfant à naître”, selon l’article 17 alinéa 2 de cette nouvelle loi, votée jeudi dernier à une forte majorité par les législateurs béninois.

Dans un communiqué parvenu dimanche à Xinhua à Cotonou, la conférence épiscopale du Bénin a exprimé son indignation face à l’adoption de cette loi, malgré une vague de contestation chez la majorité des Béninois, tous religions et sexes confondus.

Interrogé par Xinhua, le ministre béninois de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a estimé que cette modification de la loi et l’élargissement des conditions de réalisation de l’interruption volontaire de la grossesse proposée, résulte d’une situation déplorable et dramatique obligeant le gouvernement à prendre ses responsabilités.

En effet, a-t-il expliqué, les enquêtes démographiques et de santé successives menées au Bénin montrent une mortalité maternelle élevée et stationnaire depuis pratiquement une trentaine d’années à environ 400 décès pour 100.000 naissances malgré les interventions de santé publique menées depuis toutes ces années.

Ces études, a-t-il poursuivi, révèlent également une précocité des rapports sexuels chez les femmes.

“Nous sommes tous conscients que ces dernières années, le nombre de filles victimes de grossesses précoces dans les écoles et collèges augmente avec son corolaire de déperdition scolaire. Contraintes de cacher leur état, sans espoir de trouver une personne pour les écouter, les éclairer et leur apporter un appui et une protection, la majorité d’entre elles finit par recourir à un avortement clandestin non sécurisé”, a-t-il déploré, soulignant que chaque année, ce sont au moins 200 femmes qui meurent au Bénin dans de tels drames. 

Avec l’Agence Xinhua

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