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Ouvriers de la mairie de Ouaga : des syndicats redoutent le “syndrome de BOUAZIZI”

La CSB (Confédération Syndicale Burkinabè) était face à la presse dans la matinée de ce mercredi 21 avril 2021 à la Bourse du Travail de Ouagadougou. Il était question d’apporter des éclaircissements sur la sortie médiatique du maire de Ouagadougou sur une radio de la place, concernant les 400 ouvriers de la salubrité de la ville de Ouagadougou qui n’ont pas de salaire depuis deux mois. Le maire considérant qu’il n’y a pas de contrat qui lie la mairie à ces travailleurs. La conférence de presse était animée par le porte-parole de la CSB, Nouphe BAMOGO, assisté du représentant de la Fédération nationale des arts et métiers (FENAME), Daniel DIARRA; du porte-parole des ouvriers, Edouard OUEDRAOGO; et de la responsable des ouvrières, Rasmata ZONGO.

De prime abord, le porte-parole du CSB a fait cas des propos tenus par le maire Armand Pierre BEOUINDE lors d’une interview. Le bourgmestre aurait dit : « Les occasionnels ne sont ni des salariés, ni des employés de la mairie centrale. Il n’y a aucune loi qui m’autorise à les recruter : ce sont des journaliers qui viennent aider la Brigade verte en temps de besoin ; il n’y a pas de contrat entre eux et la mairie ; le problème est définitivement réglé.» Des allégations, qui pour M. BAMOGO, sont d’une extrême gravité pour “une autorité qui se veut patriote, digne, intègre et sincère”. Et M. BAMOGO d’ajouter que les ouvriers ne sont pas à confondre avec la Brigade verte communément appelée “les femmes de Simon”. Il a affirmé que ces ouvriers travaillent sur plus de 06 sites de Ouaga du lundi au samedi, alors que la Brigade verte ne travaille que 3 jours par semaine.

M. BAMOGO a confié que les 400 ouvriers ont passé deux mois sans salaire, et que parmi eux, on enregistre 20 décès.

Le porte-parole du CSB a expliqué que le Code du travail considère comme travailleur, “toute personne qui s’est engagée à mettre son activité professionnelle moyennant rémunération sous la direction et l’autorité d’une autre personne physique ou morale publique ou privée appelée employeur », ce qui est diffèrent d’un occasionnel. Pour lui, un occasionnel est une personne mettant ses compétences au service d’une tierce personne moyennant un revenu. Ces services ne doivent en aucun cas excéder deux jours, et ce dernier ne reçoit des ordres venant de personne. En se basant sur ces définitions, M. BAMOGO a affirmé qu’il y a bel et bien contrat entre les ouvriers et la mairie.

Les animateurs de la conférence de presse ont parlé de correspondances administratives adressées par le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation au maire, et d’une convocation des membres de la commission ad ’hoc pour la reprise des travaux à travers une correspondance. Pour eux, au regard de ces preuves, le maire de la commune de Ouagadougou refuse aux ouvriers de la mairie “une protection sociale qui coûte moins chère qu’une de ses luxueuses voitures à polémique qu’il a acquis.”

Enfin M. BAMOGO et son équipe ont lancé un appel au président du Faso, pour qu’il accorde une oreille attentive aux cris de détresse des ouvriers municipaux, afin d’éviter le scénario regrettable de Mohamed BOUAZIZI (du nom du Tunisien qui s’est immolé en 2011, provoquant la chute du président Ben ALI). Car, pour le porte-parole de la CSB, depuis longtemps, cette crise s’enlise dangereusement. « 400 ouvriers représentent 400 familles, et elles n’ont rien d’autres que ce maigre salaire pour survivre », a-t-il confié.

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